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Hommage à Mila Parély (1917-2012)

vendredi 17 janvier 2014, par maro

Une des plus belles actrices du cinéma français et une jolie filmographie : Sacha Guitry, Jean Renoir, Robert Bresson, Jean Cocteau ou Max Ophuls ! Née Olga Colette Peszynska à Paris le 7 octobre 1917, Mila Parély est l’exacte contemporaine de Danièle Darrieux. Cette beauté - même pour les critères contemporains - féline et élancée d’origine polonaise interrompt vite des études de médecine pour chanter à Bruxelles avec l’orchestre de Rudy Vallée.

Elle débute au cinéma en 1932 où son charme lui vaut rapidement des rôles de séductrice un peu perverse, dans le registre de Viviane Romance. On la retrouve en dactylo dans « Liliom » de Fritz Lang (1934) puis, après une tournée musicale qui l’emmène jusqu’aux Etats-Unis, dans « Valse Royale » et « Les Pattes de mouches » (Jean Grémillon) ou « Remontons les Champs-Elysées » de Sacha Guitry (1938), suppléant Arletty. Mais son rôle le plus marquant avant-guerre reste celui de Geneviève de Marast qui supplie le marquis de La Chesnaye de partir avec elle dans « La règle du jeu » de Jean Renoir (1939).

Dans le cinéma de la France occupée, elle personnalise souvent, affriolante en tenue vaporeuse, la femme en lien avec le Mal ou un démon romanesque : Nelly dans « Monsieur des Lourdines » de Pierre de Hérain, Edith Frasne dans « Les Roquevillard » (Jean Dréville) ou la (compatissante) novice Madeleine tout juste sortie de prison dans « Les anges du péché » (Robert Bresson, 1943). Deuxième sommet peu après la Libération quand elle incarne Adélaïde, une des mauvaises sœurs de « La Belle et la Bête », le chef d’œuvre de Jean Cocteau ; elle entame alors une indéfectible liaison d’amitié amoureuse avec Jean Marais (qui y revient dans ses mémoires : "Histoire de ma vie").

En 1947, elle épouse le pilote automobile écossais Thomas Alastair Sutherland Ogi (dit Taso) Mathieson, le grand amour de sa vie. Ses prestations se raréfient : Comtesse Forelli dans « Snowbound » (David McDonald, 1948), Barbara, la patronne de la boite dans « Mission à Tanger » (André Hunebelle, 1950) et surtout Mme Raphaèle, l’orientale aux colliers de pacotille qui fait fantasmer les hommes, alanguie sur les coussins de la maison Tellier dans « Le Plaisir » (Max Ophüls, 1952) avant « Blood Orange » de Terence Fisher.

Elle semble abandonner sa carrière cinématographique quand son mari sort victime d’un très grave accident en 1953. Elle apparaît dans quelques épisodes télévisés en Grande-Bretagne puis tient une boutique de parfumerie dans le septième arrondissement de Paris. Après une très longue éclipse, on la retrouve dans « Comédie d’été » (Daniel Vigne, 1989), « La Grande dune », un téléfilm de Bernard Stora avec Danièle Delorme et Bulle Ogier (1991) et enfin « Projection au Majestic », court-métrage d’Yves Kovacs (1997).

Cette créature envoûtante bien que fine et sensible, à la fois androgyne et très féminine, faussement désinvolte et pas assez dupe d’elle-même, n’est jamais devenue une star. Elle a pourtant séduit les plus grands metteurs en scène avant d’animer, des années durant, les Rencontres cinématographiques de Vichy. Elle s’était retirée dans cette ville où, enfant, elle passait ses vacances et y mourut discrètement le 14 janvier 2012.

FILMOGRAPHIE

1932 : Vive le sport (anonyme)

1933 : L’Amour qu’il faut aux femmes d’Adolf Trotz

1933 : Baby de Pierre Billon et Carl Lamac

1933 : Le Martyre de l’obèse de Pierre Chenal

1934 : Cartouche de Jacques Daroy

1934 : Liliom de Fritz Lang

1934 : On a trouvé une femme nue de Léo Joannon

1935 : Calling All Stars de Herbert Smith

1935 : Valse royale de Jean Grémillon

1935 : La Petite Sauvage de Jean de Limur

1936 : Les Pattes de mouches de Jean Grémillon

1936 : Mister Flow de Robert Siodmak

1936 : Donogoo (non-créditée) de Henri Chomette et Reinhold Schünzel

1936 : Les Jumeaux de Brighton de Claude Heymann

1938 : Le Drame de Shanghaï de Georg Wilhelm Pabst

1938 : La Rue sans joie d’André Hugon

1938 : La Tragédie impériale de Marcel L’Herbier

1938 : Le Monsieur de 5 heures de Pierre Caron

1938 : Remontons les Champs-Élysées de Sacha Guitry

1939 : Une java de Claude Orval

1939 : L’Esclave blanche de Marc Sorkin et Georg-Wilhelm Pabst

1939 : La Charrette fantôme de Julien Duvivier

1939 : La Règle du jeu de Jean Renoir

1939 : Circonstances atténuantes de Jean Boyer

1939 : Dernier Refuge de Jacques Constant (film inachevé)

1940 : Elles étaient douze femmes de Georges Lacombe

1940 : L’Empreinte du dieu (non-créditée) de Léonide Moguy

1940 : Le Grand Élan de Christian-Jaque

1942 : Le Lit à colonnes de Roland Tual

1942 : Cap au large de Jean-Paul Paulin

1943 : Le Camion blanc de Léo Joannon

1943 : Les Roquevillard de Jean Dréville

1943 : À la belle frégate d’Albert Valentin

1943 : Monsieur des Lourdines de Pierre de Hérain

1943 : Donne-moi tes yeux de Sacha Guitry

1943 : Les Anges du péché de Robert Bresson

1943 : Tornavara de Jean Dréville

1945 : Le Cavalier noir de Gilles Grangier

1945 : Le Père Serge de Lucien Ganier-Raymond

1946 : Jeux de femmes de Maurice Cloche

1946 : La Belle et la Bête de Jean Cocteau

1946 : Étoile sans lumière de Marcel Blistène

1946 : Destins de Richard Pottier

1947 : Rêves d’amour de Christian Stengel

1947 : Dernier Refuge de Marc Maurette

1948 : Snowbound de David MacDonald

1949 : Mission à Tanger d’André Hunebelle

1950 : Véronique de Robert Vernay

1952 : Le Plaisir de Max Ophüls

1953 : Blood Orange de Terence Fisher

1954 : The Vise de David McDonald (série télévisée)

1957 : Sailor of Fortune de John Guillermin (série télévisée)

1958 : The Vise (série télévisée)

1959 : Jet Storm (rôle coupé au montage) de Cy Endfield

1989 : Comédie d’été de Daniel Vigne

1991 : La Grande dune de Bernard Stora (téléfilm)

1994 : Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma (rôle coupé au montage) d’Agnès Varda

1997 : Projection au Majestic d’Yves Kovacs (court-métrage)

Portfolio