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Hommage à Manoel de Oliveira

mercredi 11 décembre 2013, par filparp

"Toute sa vie, il a su très bien défendre son cinéma comme une oeuvre d’artiste et défendre la liberté de création dans un domaine comme le cinéma qui est tellement dépendant des questions d’argent". Miguel Cintra, son acteur fétiche, qui a tourné dix-sept films avec lui.

Né le 11 décembre1908, Manoel Cândido Pinto de Oliveira est issu d’une famille de la bourgeoisie industrielle de Porto. Manoel est son vrai nom, étant donné qu’il est né avant la réforme de l’orthographe qui transforma tous les Manoel lusitaniens en Manuels. Il a par contre appliqué la réforme pour sa particule, abandonnant le d’Oliveira pour de Oliveira.

Son père aime à fréquenter avec lui les salles obscures pendant son enfance, et ce sont vers Max Linder et Charlie Chaplin, que Manoel de Oliveira imite encore si bien, que vont ses préférences. Il étudie au réputé Colégio Universal de Porto, puis dans un collège Jésuite en Galice.

Ses débuts au cinéma, il les fait en tant qu’acteur. En 1928, il tourne dans Fatima milagrosa de Rino Lupo avant de décrocher cinq ans plus tard un rôle plus important, celui d’un dandy, dans le premier film parlant portugais, Cancao de Lisboa (1933) de Cottineli Telmo.

Une longue gestation

Manoel de Oliveira fonde alors avec quelques associés la maison de production Tobis Portuguesa. Sa première caméra, une Kinamo portative, lui permet de tourner son premier film Douro, faina fluvial, un court métrage documentaire muet sur le fleuve Douro et la vie des marins. Tourné de 1927 à 1929, sorti en 1931, le film évoque les conditions de vie difficiles des petites gens, est un peu lyrique, et ne donne pas du Portugal l’image souhaitée par les salazaristes, ce qui lui vaut de nombreuses critiques. Mais révèle déjà la maîtrise technique du cinéaste.

Aniki Bóbó, en 1942, sera son premier long-métrage. Le film narre les tribulations d’une bande de gamins des quartiers populaires de Porto , sur un ton fantastique et cruel. Malgré les critiques sur les mensonges et sorties sans autorisation des enfants, le film est un succès. Malgré cela Manoel de Oliveira éprouve des difficultés à mener à bien ses projets. La première version du scénario d’Angelica est par exemple refusée par la censure.
Las de ses difiicultés avec la dictature, il part quelque temps en allemagne, où il étudie la couleur et les procédés techniques de pointe.

Puis il revient au Portugal, tourne Porto, le Peintre et la Ville en 1956. Tourné en caméra subjective proche du "cinéma direct", le film même images de la ville et mémoire des tableaux d’Antonio Cruz. Un documentaire très moderne par sa forme. Mais le cinéaste ne reste connu que d’une faible population de cinéphiles.

Les années suivantes sont celles qui furent les plus difficiles dans la carrière du cinéaste. Le Secrétariat National d’Information (un comité decensure préalable) lui refuse chaque projet . Privé de tournage, le cinéaste fait le paysan dans la propriété de son épouse seconde ses frères dans l’usine de passementerie et la centrale hydraulique héritées du père.

De la nature du cinéma.

Il faudra attendre 1962 pour qu’il puisse réaliser Le Mystère du printemps ( O Acto da Primavera) en 1962. Adaptation d’ un texte du XVIe siècle, Auto de Paixão de Francisco Vaz de Guimarães, un mystère de la Passion que les paysans de Curalha interprètent en plein air durant les fêtes de Pâques. Ce film, a mi-chemin entre documentaire et fiction, et par là lui aussi très novateur, donne une image du pays bien peu folklorique.
La Chasse en 1963 est une parabole sur la solidarité, avec « des intentions cachées touchant la dictature », selon Manoel de Oliveira. Intentions que le pouvoir comprendra, puisqu’il lui interdira à nouveau tout tournage jusqu’en 1971. Il sera même brièvement incarcéré, mais est reconnu par les nouvelles vagues françaises et brésiliennes comme un représentant du nouveau cinéma portugais.

La donne évolue alors, puisque la fondation Gulbenkian, indépendante des organismes d’état, décidee passer à la production cinématographique. Manoel de Oliveira tourne Le Passé et le Présent, son troisième long métrage, une satire sur la société bourgeoise du Portugal, adaptation de la pièce de Vicente Sanches. Un film qui fait fortement penser à Bunuel par sa férocité joyeuse.

La belle révolution des oeillets, en 1974, met fin à quarante années de pouvoir autoritaire.

Il reprend la caméra avec une autre adaptation tirée d’un roman de José Régio, Benilde, ou la Vierge Mère (1974). L’histoire d’une jeune femme qui tombe enceinte tout en restant vierge, conformément à la tradition évangélique. Mais Benilde est un film incompris, le public ne ressentant pas le rapport entre ce film et la situation révolutionnaire. Oliveira Au lieu de gommer les artifices théâtraux, il grossit au contraire le facture, ajoutant même les indications "Acte 1" "fin de l’acte 1". Dans des plans longs, les acteurs hiératiques s’adressent directement aux spectateurs. Le film est pourtant une dénonciation du régime salazariste, à travers l’étouffant huis-clos qu’il développe.
Son rythme de réalisation trouve une nouvelle régularité. La période est marquée par des films romantiques, alternant amours impossibles et romances assouvies.

Citons le magnifique Amour de perdition en 1978, adapté d’un roman de Camilo Castelo Branco, un des grands auteurs du romantisme portugais. L’histoire d’un amour désespéré entre deux jeunes personnes appartenant à des familles ennemies à la fin du XVIIIe siècle, et donc une variante sur le thème de Roméo et Juliette, est surtout pour Manoel de Oliveira l’occasion de faire découvrir aux portugais leur propre identité. La sortie parisienne d’Amour de perdition est assurée à Paris par un jeune émigré portugais, Paulo Branco, pas trente ans à l’époque et qui va devenir son producteur régulier.

En 1981, il réalise une de ses œuvres majeures, Francisca, tirée d’un roman de Agustina Bessa-Luís. Le dernier des films de la tétralogie des Amours frustrées. « Un masochisme révélateur de la psychologie portugaise au cours des âges parcourt les quatre opus de ce cycle »(Raphaël Bassan).

Il tourne également en 1982 un film sur la vie culturelle lisboète

Il continue alors de fouiller les rapports entre littérature, théâtre et cinéma, mais aussi « la théâtralité propre au cinéma », selon l’expression de Deleuze. Ce sont en 1985, Le Soulier de satin d’après Paul Claudel, et , en 1987, Mon cas, sur un scénario d’après José Régio, Samuel Beckett et Le Livre de Job.

Pour Le soulier de satin,lLe projet d’origine était de tourner en 35 mm la quatrième de ces journées, celle qui porte le titre de Sous le vent des îles Baléares, avec, en prologue, la scène des adieux entre Prouhèze et Rodrigue. Le reste a été tourné en 16 mm par pénurie de budget et a été gonflé en 35 mm grâce à l’apport inespéré d’un sponsor américain. Le tout fut sélectionné à la Mostra à Venise en septembre 1985. Lion d’or spécial du jury. Au Portugal, le film n’eut que deux ou trois projections à la cinémathèque de Lisbonne. Il n’a toujours pas été à ce jour, doublé ou sous-titré. Et De Oliveira fut a nouveau accusé d’être le propagandiste de la culture française.

Dans Mon cas, un inconnu se précipite sur scène avant le début de la pièce pour prendre la parole. Un employé du théâtre, une actrice, l’auteur, puis toute la troupe l’en emêchent. Chacun veut alors parler de lui, la situation dégénère. Le rideau se baissse alors, et quand il se relève la même scène recommence en version cinéma muet. Un texte de Beckett est lu en voix off. Au troisième lever de rideau, la bande-son est inversée. Le quatrième lever de rideau se fait sur le dialogue de Job confiant ses maux à Dieu. A noter la délicieuse présence de Bulle Ogier.

Un cinéma des paradoxes

S’ouvre alors une période riche et déconcertante, où Manuel de Oliveira joue librement avec une veine épique et historique.

Le premier film à témoigner de ce nouvel élan est Les Cannibales, d’après l’oeuvre homonyme de Alvaro de Carvalhal. Par amour pour le beau ténébreux comte d’Aveleda, Margarida repousse son vieux prétendant. Le soir de ses noces, le comte avoue son terrible secret. Devant l’horreur de la révélation, Margarida se défenestre, le comte cuit dans l’âtre, et le jaloux D. Joao joue du barillet sur sa boîte crânienne. Le lendemain les parents mangent sans le savoir du mari rôti. Ils sont au bord du suicide quand ils l’apprennent, mais un bel héritage les réconcilie avec la vie pendant la nuit. Lorsqu’ils s’en rendent compte, ils sont sur le point de se tuer de désespoir mais l’annonce d’un fabuleux héritage les réconcilie avec la vie.

Suit en 1990 le film majeur de la période, Non, ou la vaine gloire de commander. Une évocation des revers subis par le Portugal dans la période antique, coloniale ou contemporaine. Ici toutes les légendes historiques sont inversées, et l’on insiste sur les défaites. Cette déconstruction de l’histoire officielle est certainement une des œuvres les plus riches du cinéma contemporain.

En 1991, il tourne La Divine Comédie, citant la Bible, de Dostoievsky, José Régio et Nietzsche dans un même élan. Il faut dire que l’histoire se déroule dans un asile psychiatrique, et que les aliénés se prennent ici pour Lazare, Jésus ou Adam et Eve... et jouent La Divine Comédie, bien sûr.

En 1993, c’est Val Abraham, d’après un roman de Agustina Bessa-Luís. Trois heures vingt-sept quand même dans la version longue, et plus de trois heures dans la version commerciale. Une splendide transposition contemporaine de Madame Bovary. Oliveira ne prend pas le texte au pied de la lettre, mais reste tout à fait fidèle à l’esprit. Et le traitement des espoirs et désillusions amoureuses est remarquable, comme la gestion du temps.

L’année suivante est celle de L’aveugle, un homme jalousé dans le quartier car il a droit à une cassette « officielle » pour recouvrer les oboles des passants. Nombreux sont donc les suspects quan il est volé. Mais l’arrivée d’un secondd aveugle, qui donne naissance à une scène d’anthologie, vient encore brouiller les pistes.

Il réalise en 1995 Le Couvent, avec Catherine Deneuve et John Malkovich. Un film tiré à nouveau d’un roman de Agustina Bessa-Luís, As terras dos riscos. Un professeur américain veut démontrer les origine juives et espagnole de William Shakespeare. Il enquête avec sa femme française au couvent portugais d’Arrabida. Mais Satan ne l’entend pas de cette fourche... Encore un très beau film.

1997 voit la collaboration de Manoel de Oliveira avec Marcello Mastroianni pour Voyage au bout du monde. Lors d’un tournage dans le nord du Portugal, un acteur français d’origine portugaise, retourne sur les lieux de son enfance.

S’ensuit en 1998 Inquiétude, l’histoire de la déchéance physique, insupportable pour lui, d’un vieux médecin estimé et notable. Son fils, reconnu comme lui, lui recomande le suicide pour échapper à la décrépitude totale.

Après Flaubert, Manuel de Oliveira s’attaque ensuite à La princesse de Clèves dans La lettre, avec Chiara Mastroianni. Cette veine du bovarysme, également présente dans Vol Abraham, le cinéaste l’exploite depuis longtemps en y incluant l’adultère, et en approfondissant à chaque fois davantage une de ses obsessions, l’ambivalence entre sainteté et perversion, et décrit les amours contrariées comme un appel vers la liberté de l’impossible.

En 2000, le cinéaste réalise Parole et utopie. Un film qui retrace l’existence du père Antonio Viera, un prédicateur Jésuite portugais du XVème siècle. Celui que Fernando Pessoa nomma "l’empereur de la langue portugaise", voit son existence saisie au travers de ses écrits puis de son procès devant l’Inquisition .

Je rentre à la maison, en 2001, est pour Manuel de Oliveira l’occasion de tourner avec son ami Michel Piccoli. Le grand acteur français y incarne une bête de scène théâtrale, comédien prestigieux et adulé, dont la vie bascule quand il apprend, lors d’une représentation du Roi se meurt d’Eugène Ionesco, la mort dans un accident de voiture de sa femme, sa fille et son gendre.

La même année, Porto de mon enfance est un road movie de la mémoire. Roulant ou déambulant à travers les lieux de jadis, le réalisateur se souvient d’une balade de nuit qu’il avait sollicitée quand il avait neuf ou dix ans. Alors qu’il sortait de voir l’opérette Miss Diable avec sa mère. Il oppose les images d’alors aux prises de vue d’aujourd’hui, utilise photographies et gravures, évoque des conversations anciennes. C’est son petit-fils qui incarne celui qu’il était alors, cependant que le Manoel qu’il est devenu joue le rôle d’un acteur des années vingt, Estevào Amarante, qui vole le cœur des femmes. Une mise en abîme de sa vie personnelle assez vertigineuse.

Le principe de l’incertitude est réalisé en 2002. Un film sur l’amitié entre l’héritier d’une riche famille et le fils de la servante, qui ont grandi ensemble.

Un film parlé, en 2003, est l’occasion pour le grand Manoel de retrouver Catherine Deneuve, John Malkovich et Irène Papas dans un film sur l’histoire de l’humanité présenté au Festival de VeniUne jeune lisboete professeur d’histoire part en bateau rejoindre son mari à Bombay. Marseille, Pompéi, Athènes, Le Caire, Istanbul, elle les découvre mais connaît leur histoire qu’elle explique à sa fille.

Le cinquième empire, en 2005, est une nouvelle occasion pour Manoel de Oliveira de revisiter l’histoire. Ici celle du roi Sebastiao dont le désir de conquête n’a d’égal que l’ immense solitude. Un voyage dans la déraison du pouvoir que ses proches tentent d’apaiser.

Autour du centenaire, le retour à un classicisme revisité

Outre la veine romanesque et la veine historique, Manoel de Oliveira a toujours cultivé une veine fantastique. Qui se trouvait déjà dans Les cannibales ou Le couvent. Mais avec Le miroir magique, en 2OO5, puis L’étrange affaire Angelica, en 2010, les apparitions post-mortem des personnages renvoient clairement à un cinéma des premiers temps, à la magie de Mélies ou d’Epstein.

Dans Le miroir magique, un homme libéré de prison, après une condamnation injuste, retrouve un emploi. Il se lie d’amitié avec sa patronne, en attendant de voir apparaître la vierge Marie qu’il implore chaque soir dans la vaste demeure... Marisa Paredes et Michel Piccoli y sont remarquables.

En 2006, Manuel de Oliveira fait revivre Belle de jour, l’immense film de Luis Bunuel, à travers Belle toujours, où Michel Piccoli et Bulle Ogier revisitent, quarante ans après, les mystères de l’original...

Il participe en 2007 au film collectif Chacun son cinéma, épisode Rencontre unique, et narre l’unique rencontre entre Khrouchtchev et le pape Jean XXIII.

En 2008 Christophe Colomb, l’énigme évoque l’histoire de Christophe Colomb, mythe national portugais malgré ses origines génoises, avec un humour certain. Et le tout à travers les yeux d’un universitaire qui a entrepris de découvrir la véritable identité de Christophe Colomb. Et voyage pour ce faire entre le Portugal et les Etats-Unis, avec sa femme.

Viennent ensuite les Singularités d’une jeune fille blonde, adapté d’un conte de Eça de Queiroz, auteur réaliste portugais du XIXe siècle, un film qui sort en salle en septembre 2009. Dans un train pour l’Algarve, un homme raconte à une femme l’histoire de sa vie amoureuse les tribulations de sa vie amoureuse. Et son amour fou pour une blonde.

En 2010, Manoel De Olivera est à Cannes pour la présentation de L’Étrange Affaire Angélica* qui concourt dans la catégorie Un certain regard.

Il est le réalisateur en activité le plus âgé au monde, le seul à avoir commencé sa carrière à l’époque du cinéma muet. Il a reçu au Festival de Cannes 2008, l’année de ses 100 ans, sa première Palme d’or, une Palme d’or pour l’ensemble de son œuvre. Cette palme lui a été remise par Michel Piccoli.

Il a alors affirmé : « J’apprécie énormément de la recevoir de cette façon-là parce que je n’aime pas trop la compétition, c’est-à-dire gagner contre mes collègues ; c’est une belle façon de recevoir un prix ».

Cinéaste du pouvoir de la fiction, de l’adaptation d’oeuvres majeures, il a signé une œuvre aussi importante que sa longévité, une œuvre généreuse qui n’a jamais fait de concession.

La longue gestation de son œuvre (il a eu davantage de projets avortés que de films tournés) lui a sans doute permis, passées les difficultés de la dictature, de délivre un cinéma abouti durant toute la seconde partie de sa carrière.

Ce cinéma original et divers est un véritable antidote aux images commerciales et banalisées qui nous envahissent. "Le cinéma est immatériel : ce que nous voyons est le fantôme de la réalité" affirme-t-il en ajoutant : "Le cinéma a commencé comme une curiosité de fête foraine et a mobilisé, petit à petit, les artistes qui y travaillaient, en le transformant en une expression artistique. C’est là qu’il a conquis sa permanence - je ne dis pas son éternité car rien n’est éternel sur cette Terre. Mais tant que l’homme vivra, le cinéma vivra comme le théâtre, la peinture ou la littérature".

Quant au sujet de sa propre longévité, il en a également livré la clef : « Cesser de travailler, c’est mourir. Si on m’enlève le cinéma, je meurs ». Et également :"Si l’on me demande pourquoi je fais du cinéma, je pense aussitôt : pourquoi ne pas me demander si je respire ?"

* Pour ce film, courez voir l’excellente critique d’Antoinette sur ce même blog.

Filmographie

Longs métrages

1942 : Aniki Bóbó

1963 : Le Mystère du printemps (Acto de Primavera)

1972 : Le Passé et le présent (O Passado e o Presente)

1975 : Benilde ou la Vierge Mère (Benilde ou a Virgem Mãe)

1979 : Amour de perdition (Amor de Perdição)

1981 : Francisca

1982 : La Visite (Visita ou Memórias e Confissões)

1985 : Le Soulier de satin

1986 : Mon cas (O meu caso)

1988 : Les Cannibales (Os Canibais)

1990 : Non, ou la vaine gloire de commander (’Non’, ou A Vã Glória de Mandar)

1991 : La Divine Comédie (A Divina Comédia)

1992 : Le Jour du désespoir (O Dia do Desespero)

1993 : Val Abraham (Vale Abraão)

1994 : La Cassette (A Caixa)

1995 : Le Couvent (O Convento)

1996 : Party

1997 : Voyage au début du monde (Viagem ao Princípio do Mundo)

1998 : Inquiétude (Inquietude)

1999 : La Lettre (A Carta)

2000 : Parole et Utopie (Palavra e Utopia)

2001 : Je rentre à la maison (Vou para Casa)

2001 : Porto de mon enfance (Porto da Minha Infância)

2002 : Le Principe de l’incertitude (O Princípio da Incerteza)

2003 : Un film parlé (Um Filme Falado)

2004 : Le Cinquième Empire (O Quinto Império - Ontem Como Hoje)

2005 : Le Miroir magique (Espelho Mágico)

2006 : Belle toujours

2008 : Christophe Colomb, l’énigme (Cristóvão Colombo - O Enigma)

2009 : Singularités d’une jeune fille blonde (Singularidades de uma Rapariga Loura)

2010 : L’Étrange Affaire Angélica (O estranho caso de Angélica)

2012 : Gebo et l’ombre (O Gebo e a Sombra) 2,3

2013 : L’Eglise du diable (A Igreja do Diabo) (préparation)
Courts
et moyens métrages

1931 : Douro, Faina Fluvial (muet)

1932 : Estátuas de Lisboa

1932 : Hulha branca (Houille blanche)

1938 : Miramar, Praia das Rosas

1938 : Já Se Fabricam Automóveis em Portugal

1941 : Famalicão

1956 : Le Peintre et la ville (O Pintor e a Cidade)

1964 : Vila verdinho

1964 : A Caça

1965 : As Pinturas do Meu Irmão Júlio

1966 : O Pão (documentaire)

1983 : Nice - À propos de Jean Vigo

1983 : Lisboa Cultural (documentaire TV)

1988 : A Proposito da Bandeira Nacional

2002 : Momento (clip de la chanson de Pedro Abrunhosa)

2005 : Do Visível ao Invisível

2006 : O Improvável Não é Impossível

2007 : Chacun son cinéma (segment Rencontre unique, 3 min)

2008 : O Vitral e a Santa Morta

2008 : Romance de Vila do Conde

2008 : Painéis de São Vicente de Fora - Visão Poética

2012 : Metropole Conquistadora, Conquistada

Acteur

1928 : Fátima Milagrosa, de Rino Lupo

1933 : A Canção de Lisboa, de Cotinelli Telmo

1981 : Cinématon n°102, de Gérard Courant

1994 : Lisbon story, de Wim Wenders

2008 : Christophe Colomb, l’énigme

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