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Les films les plus rentables de 2013 selon Le Film Français

Un classsement qui va à l’encontre des idées reçues

lundi 17 février 2014, par filparp

A gauche : une image de Sur le chemin de l’école.

Le film français le plus rentable en 2013. Et de loin.

Une très heureuse surprise...

Comme chaque année, Le Film Français, magazine professionnel, met en rapport les recettes en salles des films français et leur budget prévisionnel annoncé au CNC. Il exclut d’éventuelles recettes générées par l’exploitation en vidéo, à l’international ou encore les ventes télé hors pré-achat. Il établit ainsi un classement très objectif du caractère rentable des films français.

Un classement qui lutte contre les lieux communs. On entend en effet souvent dire, y compris en nos provinces, que ce sont les stars qui font le succès des films et des festivals, que le cinéma rentable est exclusivement celui des blockbusters et hautement commercial, que le cinéma de qualité est hautement subventionné et boudé par la masse des spectateurs.

La réalité fort heureusement, sans être exactement contraire, démontre la vacuité de ses propos. Il suffit de regarder le palmarès 2013 pour en être convaincu.

Le documentaire Sur le chemin de l’école, puis les comédies Les profs et Les garçons et Guillaume à table ont été les trois films les plus rentables en 2013.

Sur le chemin de l’école, de Pascal Plisson, documentaire sur la difficulté de pouvoir se rendre en classe dans certains pays, a fait plus de 1, 2 million d’entrées en France pour un devis de 2, 28 millions. Rendement de 164, 08%.

Les profs, de Pierre-François Martin-Laval, avec près de 4 millions de spectateurs (devis de 11, 80 millions d’euros) se classe second. Rendement de 101, 89%.

Viennent ensuite deux autres comédies largement nominées aux prochains Césars : Les garçons et Guillaume à table et 9 mois ferme

Le film de Guillaume Gallienne est troisième. Rendement de 97, 09% (budget 7, 86 M d’euros et près de 4 millions d’entrées à fin décembre). Celui d’Albert Dupontel est quatrième avec 85, 90% pour un devis de 7, 12 millions et 2 millions d’entrées.

Belle et Sébastien, de Nicolas Vanier, est cinquième avec un budget atteignant 10, 43 millions d’euros. Grâce à ses 2, 7 millions de spectateurs, il affiche 79, 22% de rentabilité.

La Palme d’or cannoise, La vie d’Adèle, se place à une excellente sixième place (77, 24%, pour un coût de 4 millions et un million de spectateurs en France).

La liste des flops est encore plus parlante Des gens qui s’embrassent, de Danièle Thompson (2, 78% pour un budget supérieur à 17 millions d’euros et près de 160.000 tickets vendus), Turf, de Fabien Onteniente (5, 05%, 23 millions de budget, quelque 380.000 spectateurs), Attila Marcel, de Sylvain Chomet (e long métrage a coûté 7,2 millions d’euros à Pathé et France 3, pour seulement 44.000 spectateurs, soit une rentabilité de 3,6%) . Mais aussi Intersections, un thriller avec Roschdy Zem tourné en anglais et réalisé par l’américain David Marconi. EuropaCorp a dépensé 8 millions d’euros dans ce projet qui n’a déplacé que 64.500 spectateurs en France. Aux États-Unis, le film n’est même pas sorti en salle mais seulement en vidéo. Rentabilité estimée à 4,7%.

Dany Boon et ses cachets mirobolants ne font pas cette année d’entrées au regard des investissements, et Gérard Depardieu, est une démonstration des propos précédents. La Marque des anges, thriller de Sylvain White, qui a coûté 15,4 millions d’euros à TF1 et Pathé, n’a déplacé que 156.000 fans, soit une rentabilité de 5,9%. Son autre film, Les Invincibles de Frédéric Berthe, fait un peu mieux mais affiche un ridicule 11% de rentabilité et 13.000 entrées pour un budget de 7 millions d’euros, apportés par EuropaCorp et Orange.

Une démonstration de plus que tous ceux, et surtout les patrons des multiplexes, qui opposent sans relâche cinéma populaire et cinéma « intellectuel », cinéma de qualité et cinéma rentable, tiennent un discours sans fondement.

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