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1/ Dix adaptations d’ oeuvres littéraires

lundi 17 février 2014, par l’équipe de VO,

Concilier littérature et cinéma, adapter des oeuvres. A priori une mission impossible. Comment faire tenir des livres de centaines de pages en deux petites heures d’écran ? Et puis le lecteur, qui s’est fabriqué ses propres images à travers les mots, risque fort d’être désappointé par les les images qu’un autre lui suggère. Sauf si cet autre à du génie. Petit tour d’horizon des grandes réussites du genre.


Mort à Venise

1936 : Une partie de campagne de Jean Renoir.

M. Dufour, quincaillier à Paris, part pour la campagne en compagnie de sa belle-mère, de sa femme, de sa fille et de son commis. La férocité moqueuse de Maupassant se marie à la chaleur humaine de Renoir, dans une très belle chronique d’un dimanche d’été. Une fable caustique, mélancolique et souriante à la fois. 1967 : Mouchette de Robert Bresson avec Nadine Nortier, Jean-Claude Guilbert, Marie Cardinal. Seconde adaptation d’un roman de Bernanos après le journal d’un curé de campagne, Mouchette raconte l’entrée dans la vie de Mouchette, livrée à elle-même et bientôt victime de la cruauté de ses camarades puis des hommes. Beau comme les clairs-obscurs de Georges de la Tour que le film évoque.

1970 : Le Jardin des Finzi-Contini (Il Giardino dei Finzi-Contini) de Vittorio de Sica, avec Dominique Sanda, Helmut Berger, Fabio Testi, Romolo Valli.

Le film suit de près la trame du roman homonyme de Giorgio Bassani , et nous plonge dans les relations entre jeunes gens de la communauté juive dans la ville de Ferrare, en pleine ascension de Mussolini et du fascisme italien dans les années 1930. Un film d’une beauté et d’une sensibilité rares.

1971 : Mort à Venise de Luchino Visconti avec Dirk Bogarde et Sylvana Mangano. Le chef d’oeuvre ! Le film est principalement inspiré par la nouvelle de Thomas Mann, La Mort à Venise mais aussi par un de ses romans, Le Docteur Faustus ; le directeur de l’hôtel devant par ailleurs beaucoup à un personnage imaginé par Marcel Proust. C’est une méditation sur la pureté, l’impureté, le mal-être, la beauté ; l’homme qui en un instant se rend compte qu’il n’a pas pris conscience du temps passé.

1977 : Partition inachevée pour piano mécanique de Nikita Mikhalkov, avec Alexandre Kaliaguine, Elena Solovei.

Adaptation plus vraie que nature qui est en fait une re-création à partir de "Ce fou de Platonov" et d’autres nouvelles de Tchekhov. Un jour, à la campagne, Platonov revoit Anna Petrovna qu’il avait jadis tant aimée...

1978 : Les fainéants de la vallée fertile (Oi Tembelides tis eforis koiladas) de Nikos Panayotopoulos, avec Olga Karlatos, George Dialegmenos, Nikitas Tsakiroglou.

Inspiré du roman éponyme d’Albert Cossery, publié en 1948, le film narre l’histoire d’un père et de ses trois enfants qui se retirent dans une maison reçue en héritage. Le père prône la paresse, et les journées n’auront que, pour activité, le sommeil. Un des rares films où lenteur ne rime pas avec ennui, mais avec plaisir, et une adaptation particulièrement réussie.

1979 : Quelques jours de la vie d’Oblomov de Nikita Mikhailkov, avec Oleg Tabakov.

Adaptation rayonnante du plus célèbre roman de Gontcharov qui montre un être en lente déchéance, indolent et inadapté, dans lequel nombre de russes (et d’autres) se retrouvent. Et la paresse nous apparaît bientôt comme le dernier rempart contre les dictatures.

1987 : Les gens de Dublin de John Huston, avec Anjelica Huston, Donald McCann.

Un repas du nouvel an 1904 dans la bonne société dublinoise ; une femme hantée par le souvenir d’un amour mort. D’après une courte nouvelle de James Joyce, une méditation déchirante sur la vie et l’ultime chef d’œuvre de John Huston.

1993 : Le temps de l’innocence de Martin Scorsese avec Daniel Day Lewis et Michèle Pfeiffer.

A travers le portrait d’un homme partagé entre deux femmes et deux mondes, étude minutieuse de la haute société new-yorkaise des années 1870, avec ses intrigues, ses secrets, ses scandales, ses rites désuets et subtilement répressifs. Scorsese dit s’être inspiré de Visconti pour les reconstitutions minutieuses des repas...

2007 :Lady Chatterley de Pascale Ferran. Avec Hippolyte Girardot, Marina Hands.

Un film bruissant, sensuel et sensoriel, où la nature, omniprésente, est à la fois le témoin et la métaphore de l`éveil à la vie du personnage central.

2009 : Les herbes folles d’Alain Resnais avec André Dussollier, Sabine Azéma, Emmanuelle Devos, Anne Consigny, Mathieu Amalric, Michel Vuillermoz, Roger Pierre, Sara Forestier, Nicolas Duvauchelle, Annie Cordy, Vladimir Consigny, Edouard Baer.

D’après L’incident de Christian Gailly, un film tendre et mélancolique, d’une liberté sans faille, un pied dans l’enfance et un autre dans le néant, un film d’une folle élégance, d’une bouleversante sérénité.

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