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2/ Dix biographies ou autobiographies

dimanche 16 février 2014, par l’équipe de VO,

Aimez-vous les biografilms ? Ce mot, peu usité vous en conviendrez, amis lecteurs, a été choisi pour lutter contre l’anglicisme biopic (contraction de « biographical picture ») , une œuvre cinématographique de fiction centrée sur la description biographique d’un personnage principal ayant réellement existé. Un genre devenu très populaire depuis les années 1980 , en particulier grâce aux techniques d’imagerie rendant crédibles paysages et quartiers urbains d’époque (celle du héros, il va sans dire).

Pour doper la fréquentation en salles, le film biographique relate, mais sans que cela soit obligatoire, une figure historique d’importance. Alexandre le Grand est plus porteur qu’Antoine Dubois.

Les deux écueils inhérents au genre sont l’hagiographie, qui aboutit à des oeuvres d’une mièvrerie rare autant que d’une inexactitude historique soignée (les cinéastes américains en sont friands, Ray étant un excellent exemple), et la linéarité, qui voit le spectateur subir cinq acteurs différents selon l’âge du héros, les usant tour après tour avec grand ennui.

Dix films qui, ayant subi notre impitoyable contrôle technique, ne présentent pas ces défauts.


« Winnipeg mon amour » Guy Maddin, sa ville, son enfance et son imagination débridée.

1945 : La chanson du souvenir (A Song to Remember) de Charles Vidor avec Paul Muni Merle Oberon, Cornel Wilde, Stephen Bekassy.

A choisir parmi les innombrables biographies filmées des amours de Georges sand et Frédéric Chopin, pourquoi celle-ci ? Certainement pas pour la fidélité historique, mais bien pour le romantisme effréné....

1974 :L’Énigme de Kaspar Hauser (Jeder für sich und Gott gegen alle-Chacun pour soi et Dieu contre tous) de Werner Herzog avec Bruno Schleinstein, Walter Ladengast, Brigitte Mira, Michael Kroecher.

Kaspar enfermé depuis l’enfance découvre le monde sous la conduite bienveillante du professeur Daumer. Il va vite se heurter aux codes et carences de ce nouvel univers qui va jusqu’à broyer son existence et son humanité. Aussi beau que du Verlaine : "Je suis venu calme orphelin..."

1975 : Le miroir d’Andrei Tarkovsky avec Margarita Terekhova, Oleg Jankovski, Philippe Jankovski.

Aliocha, mourant, revoit sa vie passée et, dans un désordre apparent, revit le passé. Un film qui réussit à être tissé de la trame insaisissable du souvenir.

1976 : Le Casanova de Frederico Fellini de Frederico Fellini avec Donald Sutherland, Tina Aumont, Cicely Browne, Mary Marquet, Daniel Emilfork.

Une biographie qui est une vision personnelle et assumée de l’autre, quand c’est fait par Fellini...

1983 : Danton d’Andrzej Wajda avec Gérard Depardieu, Wojciech Pszoniak, Patrice Chéreau, Lucien Melki. On pourrait louer la reconstitution historique ou la qualité du film, qui, en nous montrant la France de 1794, nous parle de la Pologne de 1982 (quand le régime communiste arrête les dirigeants de Solidarnosc). Mais , des années plus tard, dnton a encore dans nos méméoires le visage de Depardieu, magnifique, et sa voix.

1994 : Ed Wood de Tim Burton avec Johnny Depp, Martin Landau, Patricia Arquette, Bill Murray. Edward Davis.

Wood Junior, « plus mauvais cinéaste de l’histoire du cinéma » selon la critique est donc "l’objet" du dernier -à ce jour, restons optimistes- très bon film de Burton, un film sur la force du cinéma à mettre en branle les rêves des créateurs, fussent-ils mauvais...

2000 : Avant la nuit (Before Night Falls) de Julian Schnabel, avec Javier Bardem, Olivier Martinez, Andrea Di Stefano, Johnny Depp, Sean Penn .

La vie de l’écrivain cubain Reinaldo Arenas, homosexuel en quête de liberté, d’abord engagé dans la Révolution cubaine,puis ensuite poursuivi par le régime de Fidel Castro. Un montage subtil et une réalisation précise.

2007 : Winnipeg mon amour de Guy Maddin.

Faux Documentaire expérimental aux accents surréalistes, traitant de la ville dont le réalisateur est originaire : Winnipeg. Une autobiographie qui pose la question que beaucoup se posent, surtout quand on habite dans l’Ouest profond : quelle forme d’attachement fait donc que nous soyons encore là ?

2007 : La ronde de nuit de Peter Greeneway avec Martin Freeman, Emily Holmes.

La vie du peintre obsédé par une cécité possible et en proies aux ombres de son temps. Autour du célèbre tableau, Greenaway développe une intrigue comme un polar pour découvrir les crimes des commanditaires du tableau.

2010 : La Venus noire d’Abdellatif Kechiche avec Yahima Torres, André Jacobs, Olivier Gourmet.

Effigie, au sens littéral du terme, de la condition dans laquelle l’Occident a tenu la partie de l’humanité qu’il considérait inférieure, la Vénus noire est un film âpre d’une grande probité et d’une force magnifique que le temps fera sans doute estimer à sa juste valeur.

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