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6/ Dix documentaires

mardi 11 février 2014, par l’équipe de VO,

"Cinéma du réel", "Fictions du réel", "Cinéma-vérité", "Cinéma-direct", la question du rapport entre cinéma et réalité traverse toute l’histoire du septième art, et est encore plus aigüe dans le cinéma contemporain. De la « fiction documentée » au réel orienté (les films de Michael Moore) , de la réalité mise en images de cinéma (a very british gangster) aux fictions baignées de réalité sociale (les Ken Loach grande période), le cinéma est un prisme où le regard de l’auteur, comme en littérature, influe toujours sur la vision du réel qui nous est offerte. Mais si l’on se préoccupe du monde qui nous entoure, le documentaire est une arme de compréhension et de témoignage plus efficace que bien des instruments de guerre.


"A l’ouest des rails", la révolution Wang Bing

1980 : Garlic Is As Good As Ten Mothers de Les Blank .

Un documentaire sur tous les aspects de l’ail, des restaurants chics à son utilisation dans la crème glacée. Un film unique par son style, qui montre aussi (surtout) les seventies à Berkeley. Werner Herzog apparaît dans le film, et parie avec Les Blank que celui-ci ne pourra finir un film sur un sujet aussi improbable. Raté. Son approche particulière et son esthétique qui font de se film une réussite fort originale, qui lui vaut sa place ici. Les Blank et Werner Herzog firent ensemble un film sur ce pari : « Werner Herzog eats his shoe ».

1985 : Shoah de Claude Lanzmann.

Le film le plus indispensable de tous. L’holocauste n’est pas un concept abstrait mais une horreur pensée, construite, organisée. Témoignage après témoignage, geste après geste, Claude Lanzmann - qui a jamais mieux questionné ses semblables ? - permet à la vérité de revoir le jour.

1994 : JLG/JLG de Jean-Luc Godard.

Ce film, autobiographie documentaire, est tellement foisonnant et riche qu’il est imposible de le résumer. Disons simplement qu’il ne suffit d’une vie pour se transformer en l’enfant que l’on aurait voulu être, et que l’art n’est plus qu’un syndrome marchand. Visionnaire et beau.

1994 : Crumb de Terry Zwigoff avec Robert Crumb, Aline Kominsky, Charles Crumb, Maxon Crumb.

Votre famille vous semble en disfonctionnement ? Allez voir ce film unique et sulfureux, dont le narrateur est David Lynch, sur l’artiste underground Robert Crumb, le créateur de Fritz the Cat. Tourné sur dix ans par un intime, le film démontre l’influence de son milieu totalement déjanté sur le pouvoir créatif de son auteur. Aussi politiquement incorrect et génial que son sujet.

1999 : Buena Vista Social Club de Wim Wenders. avec les membres du Buena Vista Social Club.

Au printemps 1998, Ry Cooder retourne sur Cuba pour y enregistrer un disque avec Ibrahim Ferrer. Le réalisateur allemand Wim Wenders, un vieux complice de Ry Cooder Paris, Texas), parti pour deux mois, va tourner pendant un an. Un film comme une lutte contre le temps, une des fonctions les plus nobles du documentaire : garder la mémoire de ce qui bientôt ne sera plus. Le reportage alterne extraits de concerts, séances d’enregistrementet interwiew de musiciens. Humain, si humain, et musical, si musical.

2004 : A l’Ouest des rails de Wang Bing.

Tie Xi est un gigantesque complexe industriel né au temps de l’occupation japonaise qui a compté un million d’ouvriers avant 1990. Wang Bing a filmé de 1999 à 2001 la lente agonie des usines et des hommes dans l’embrasement des hauts fourneaux. Neuf heures immenses sur l’agonie d’une classe ouvrière autrefois censée être l’épicentre du régime. Bouleversant et fort.

2004 : Mondovino de Jonathan Nossiter.

Le monde du vin comme une métaphore de la mondialisation. Sous un documentaire sans prétention apparente, un film politique, intelligent et fin.

2007 : Pour voir si je souris de Tamar Yarom. Six Israéliennes font un travail de mémoire pour raconter leur histoire personnelle dans l’armée israélienne dans les territoires occupés. Et ells n’en sont pas sories indemnes. La guerre comme mal absolu, l’horreur pour ceux qui sont occupés, la destruction mentale pour ceux qui exercent l’occupation. Remarquable.

2007 : A Very British Gangster de Donal MacIntyre.

Carrure de catcheur, crâne chauve, Dominic Noonan, 37 ans dont vingt-deux derrière les barreaux, quarante condamnations à son actif, pour braquage, voie de fait fraude, possession d’arme à feu, évasion, abus de confiance, rackets, trafics de drogue, kidnappings, tortures et meurtres, est filmé à la fois avec mise en scène et sans masque. Témoignage sur les ravages du tatcherisme, sur le rôle social que , paradoxe, le parrain peut aussi avoir, le film livre des scènes hallucinantes comme les funérailles du frère de Dominic Noonan. Intelligent, pas complaisant mais passionnant, un grand documentaire .

2008 : Chelsea Hotel d’Abel Ferrara.

Ferrara rend hommage au Chelsea Hotel de New York et nous emmène dans un fascinant voyage au cœur d’un lieu légendaire, qui abrita des personnalités hors du commun telles que Mark Twain, Patti Smith, Bob Dylan, Leonard Cohen, Andy Warhol, Jimi Hendrix ou encore Stanley Kubrick… Traversant les époques, il livre un témoignage passionné et délirant convoquant tout à tour Ethan Hawke, Dennis Hopper, Milos Forman, Crumb, Adam Goldberg ou Grace Jones, des images de Janis Joplin, Sid Vicious... Un bel équilibre entre réalité et appels internes à la fiction.

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