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8/ Dix films à fibre sociale

dimanche 9 février 2014, par l’équipe de VO,

« Le comble de la relégation des pauvres est leur exclusion de l’imaginaire de la fiction et leur assignation au documentaire ». Nicolas Klotz.

De Straub et Huillet aux frères Dardenne, en passant par Costa ou Klotz, il existe aujourd’hui un cinéma qui s’attache à dépeindre les rapports sociaux dans leur crudité. Ce cinéma a bien sûr une hérédité ( Pasolini, Bresson, Fassbinder, Godard ou, en remontant plus loin, Chaplin ) . Le point commun de tous ces cinéastes est d’essayer de poser les images comme une résistance face aux attendus de la convention cinématographique. Dix films qui font preuve de la capacité subversive du cinéma en introduisant un décalage créateur entre la réalité et la fiction.


Le Guépard

1924 : Les rapaces d’Eric von Stroheim avec Gibson Gowland, Zasu Pitts, Jean Hersholt.

Tout est pulsion chez ces personnages rongés par l’avarice, l’alcool, le sexe, ravalés à l’arrivisme et au plus instinctif. Chronique sociale, pessimisme politique (seul le couple de petits vieux paraît pouvoir dégager de l’empathie)). Les rapaces est un film terrible et superbe à la fois.

1948 : Le Voleur de bicyclette de Vittorio de Sica. Misère, vie des banlieues, pauvreté, en deux films (voir également Rome ville ouverte de Rossellini), le cinéma de l’Italie vaincue s’invente un style, tournages en extérieur dans des décors naturels, lumières naturelles, acteurs non professionnels, invente le néo-réalisme. Pas seulement une place particulière dans l’histoire du cinéma, un très grand film, qui a simplement fait oublier d’autres oeuvres du réalisateur.

1962 : Le guépard de Luchino Visconti, avec Burt Lancaster, Claudia Cardinale, Alain Delon.

Le crépuscule du monde aristocratique, la vulgarité qui prend le pouvoir et une fresque somptueuse qui semble aussi signer la mort d’un certain cinéma. Burt Lancaster souverain.

1963 : The Servant de Joseph Losey avec Dirk Bogarde, Sarah Miles.

La dialectique du maître et de l’esclave servie par un Losey en pleine maîtrise de son art.

1975 : Fox et ses amis. Le droit du plus fort de Rainer Werner Fassbinder (1945-1982) avec Rainer Werner Fassbinder, Peter Chatel , Karlheinz Böhm, Harry Baer, Ingrid Caven.

Le film s’attira les foudres de la communauté homosexuelle parce qu’elle n’y est qu’accessoire. Ce film sur la lutte des classes pourrait des dérouler n’importe où, mais sa profondeur d’analyse et de traitement cinématographique est exceptionnelle.

1994 : Ladybird de Ken Loach, avec Crissy Rock. Maggie, mère célibataire une nouvelle fois enceinte, refuse d’accoucher un enfant qu’on risque de lui retirer comme les précédents. Un homme qui l’aime décide de l’aider. Du grand cinéma social "à l’anglaise".

1995 : A la vie, à la mort de Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride, Pierre Banderet, Frédérique Bonnal, Jacques Boudet.

A l’Estaque, quartier populaire de Marseille, Le Perroquet Bleu est un cabaret miteux où Josepha, malgrè son âge, fait encore des strip-teases devant un public clairsemé. José, son mari, Jaco, délaissé par sa femme, Patrick qui ne peut donner d’enfant à Marie-Sol, Vénus, la jeune droguée sont les piliers du lieu. Fidèle chroniqueur dans une saga qui va de "Dernier été" (1980) à "L’argent fait le bonheur" (1993), en passant par "Rouge midi", "Ki lo sa ?" et "Dieu vomit les tièdes", celui qui se définit comme « cinéaste de quartier » est avant tout un grand cinéaste social. Et ce film est une très grande réussite.

2004 : L’enfant de Jean-Pierre et Luc Dardenne avec Jérémie Renier, Deborah François, Jérémie Segard.

Dans le style style Dardenne, vif et un thriller social qui consacre un cinéma ’authentique, qui filme le pire du réel en refusant obstinément le pathos. Incontestablement parmi les plus grands auteurs européens de la période.

2005 : La Blessure de Nicolas Klotz avec Noella Mobassa, Adama Doumbia. La chaleur lourde d’un été de canicule, la menace imminente d’une descente de flics, des vies qui se racontent en longs monologues où la vie semble comme à côté du monde. Un film fleuve qui a eu du mal à trouver un public, mais n’en reste pas moins une oeuvre remarquable.

2006 : La raison du plus faible de Lucas Belvaux, avec Eric Caravaca, Lucas Belvaux, Bouli Lanners. Des exclus tentent un braquage dans un thriller qui finit en film noir. Une description sans fard de notre société.

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