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Apprenti gigolo

de John Turturro (Etats-Unis, 2014) 1h30

mardi 22 avril 2014, par filparp

Réalisateur, acteur, scénariste : c’est sous une triple casquette que John Turturro revient derrière la caméra. Avec un curieux pari de négation artistique absolue. Pas d’originalité de style, pas de mise en scène, un scénario réduit au plus simple. Bref, le genre de film à se faire haïr par la critique.

Fioravante (John Turturro), fleuriste aussi new-yorkais que célibataire, se voit proposer par son pote Murray (Woody Alen) un drôle de contrat : devenir gigolo la cinquantaine passée, et filer un pourcentage à son ami qui lui arrange ses plans...

Trois pistes narratives se combinent alors : une comédie générationnelle sur un gigolo qui questionne la sexualité féminine à partir de la prostitution mâle ; une très improble romance entre l’apprenti prostitué et une jeune veuve juive vivant dans la stricte tradition hébraïque (Vanessa Paradis) ; et une troisième trame centrée sur Woody Allen, très en forme, visiblement heureux de retrouver son personnage classique dans le film d’un autre.

Apprenti gigolo évolue souvent dans une profonde morosité, malgré ses éclats comiques. Les ravages du temps sont là, l’exemple le plus terrible en étant une Sharon Stone bouffie, même si Vanessa Paradis comme Woody Allen ne sont pas épargnés. Le film échoue parfois à faire rire, mais est une belle ode au vivre ensemble dans le brassage de la grande pomme.

Ces mythes morts-vivants sont ressuscités par la conclusion d’un procès hassidim, après laquelle tout reprend vie.

On sent dans le dernier film de Turturro la nostalgie d’un monde qui se meurt : libraires indépendants, cafés non franchisés, et le refus total du jeunisme et de la mode. A cause de la forme, la critique crie au poussiéreux, quand le film, justement, parle de l’amour de la poussière qui se dépose comme trace du temps qui passe.

Il ne faut cependant pas lui demander plus que ce qu’il est, une petite historiette bienveillante et sans prétention, pour le plaisir de deux vieux sales gosses, taquins comme à l’adolescence, qui fêtent leurs retrouvailles en nous autorisant à nous joindre à la soirée.

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