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Focus sur le nouveau cinéma grec et ses réalisateurs

dimanche 16 novembre 2014, par Antoinette Doinel

Depuis quelques années et surtout depuis le début de la crise économique grecque, on assiste à un renouveau du cinéma grec.
Comment l’expliquer ?
Lors d’une table ronde au Cinémed de Montpellier, le 29 octobre, Michel Demopoulos, modérateur, auteur d’un ouvrage sur le cinéma grec , entouré de quatre réalisateurs grecs ; Nicolas Triandafyllidis , Thanos Anastopoulos, Panos H Koutras et Yorgos Servetas ont tenté de répondre à cette question.

Depuis le début de la crise, c’est à dire depuis 2008-2009, une nouvelle vague du cinéma grec est née.

C’est à la fois un cinéma social (Réparation de Thanos Anastopoulos, L’académie de Platon de Philippos Tsitsos), un cinéma bizarre , baptisé weird greek cinéma par les critiques du Guardian avec comme représentants Yorgos Lanthimos ( Canine et Alps) et Rachel Athina Tsangari ( Attenberg), un cinéma sur la famille, la recherche d’identité ( Panos H Koutras avec Strella et Xenia ) mais toujours un cinéma politique ou socialement concerné. "C’est la première fois que l’on soulève le tapis [de la société] pour voir ce qu’il y a en dessous" (Thanos Anastopoulos). .

Les bases de la société grecque ont été complètement ébranlées avec la crise.

Tous ces jeunes cinéastes ont pour point commun, des études à l’étranger, une parfaite connaissance des nouvelles résolutions numériques, de l’internet.

Ils se sentent tous solidaires et libres parce-qu’ils ont peu de moyens pour réaliser leurs films, tournent dans l’urgence, ne sachant jamais s’ils vont pouvoir boucler leur projet. Il semblent l’incarnation de la phrase d’Alain Tanner : "Si l’on n’a pas d’argent mais une bonne idée de film, il faut faire le film".

Une véritable fraternité est née. " Une complicité se crée parce que l’on est tous dans le même bateau" (Panos H. Koutras). Les cinéastes grecs sont revenus aux fondamentaux et ils osent tous mettre le doigt là où cela fait mal, montrer comment la société grecque est arrivée à ce marasme économique mais surtout social.

Enfin ils osent presque tous traiter des dysfonctionnement de la famille. qui accompagne les grecs depuis l’antiquité (’La mythologie, ce n’est qu’une vaste affaire de familles, Panos H. Koutras). Une famille dont ils décortiquent les avatars. Une famille qui a perdu sa valeur de refuge pour de nombreux jeunes, n’est plus comme dans tous les pays méditerranéens, intouchable.

La difficulté majeure étant de trouver pour les producteurs des fonds vu que toutes les subventions versées par le centre du cinéma grec, par les télévisions aujourd’hui moribondes, se sont réduites à peau de chagrin, un collectif de co-production internationale a vu le jour. Particulièrement avec l’Allemagne et la France.
Une convention franco-grecque a été signée, le CNC va verser 4 à 6 millions d’euros afin de soutenir de nouveaux longs métrages, de permettre à l’industrie du cinéma grec de survivre, et va encourager le tournage de films étrangers en Grèce.
L’autre difficulté est évidemment l’exploitation difficile de tous ces films d’auteurs. Les cinémas en Grèce ferment les uns après les autres, la fréquentation est en berne. Il n’y a plus aucun soutien financier envers les ciné-clubs, les festivals.

La crise a provoqué un focus sur la culture grecque et donc le cinéma grec se retrouve au centre de l’intérêt international. Et c’est une chance pour nous de pouvoir découvrir ces films, qui sont souvent des oeuvres radicales étonnantes et attachantes, je citerai deux films particulièrement intéressants qui je l’espère seront bientôt distribués en France : Sto spiti (à la maison) d’Athanassios Karanikolas, décrivant la vie quotidienne d’une employée de maison d’origine géorgienne dans une famille très aisée.

Na kathesai ké na koitas de Yorgos Servatas, benjamin de la bande, un film sur la nouvelle société grecque qui fait froid dans le dos, un plaidoyer contre la société de consommation qui nous concerne aussi car qui sait si nous n’allons pas nous aussi vers une crise majeure...

La nouvelle génération des réalisateurs grecs :

Andreas Apostolidis

Un des documentaristes grecs de renom, ayant travaillé en partenariat avec MEDIA et l’Institut Goethe Il es surtout connu pour A Place without People, où il met en place une nature vierge, préservée pour le bonheur de quelques privilégiés pendant que les habitants de Tanzanie qui vivent depuis des siècles en paix avec la nature n’y gagnent pas forcément grand chose. Il prépare actuellement War and Peace in the Balkans, un programme impressionnant et ambitieux qui tente de mettre en évidence les effets de la Première Guerre mondiale sur l’Europe de l’Est, région dans laquelle le conflit a provoqué le démantèlement d’empires multi-ethniques, donnant ainsi naissance aux sentiments nationalistes.

Alexander Avranas

Né à Larissa en 1977. Il a d’abord étudié la sculpture à l’École des Beaux-Arts d’Athènes (1998-2001), avant de rejoindre l’ Universität der Künste Berlin . Avec son premier film " Sans " il gagné sept prix au Festival du Film de Thessalonique et a été proposé pour le prix du meilleur réalisateur au Festival International du Film de Milan .

Dans toutes ses œuvres, le cinéma comme les arts visuels, il examine les questions sociales et politiques, lutte pour la solidarité et contre la passivité.

Le 7 Septembre 2013 , il a remporté le Lion d’argent au Directeur 70e Mostra de Venise pour son film Miss violence, le précédent réalisateur grec récompensé à Venise ayant été Theo Angelopoulos pour son film Alexandre le Grand . Cette histoire d’une famille disfonctionnelle, la dégradation des structures, la crise, raconte l’histoire d’une fillette de onze ans qui persiste à sauter, et rire dans un environnement dégradé.

Dimitris Bavellas

Né en 1976 à Athènes, il a étudié la réalisation à Stavrakos et suivi des cours avec Dimitris Maurice du "Théâtre de l’évolution". Il a réalisé des documentaires ("Une beauté du Nord"), des vidéos, des émissions de télévision, vidéos d’entreprise, a travaillé pendant plusieurs années comme producteur de musique à la radio « Flash 96.1" et "Melody".

En 2008, il est parti pour l’école de cinéma de Leeds, et l’auteur de plusieurs courts et documentaires prometteurs : Ange Gardien (2004), Une beauté du Nord (documentaire, 2006), Anticlockwise (2007) Derrière les stores (2009).

Yannis Economides

Yannis Economides est né à Limassol , à Chypre, en 1967 et a étudié le cinéma à Athènes . Il a réalisé plusieurs courts métrages et documentaires .

Il réalise son premier long métrage, Matchbox en 2003, un long métrage cité par Panos Koutras comme un de ceux qui ont fondé le nouveau couant cinématographique grec . Il raconte l’histoire de Dimitris, un homme d’âge moyen et grincheux, de ses difficuktés avec son partenaire en affaires comme avec les membres de sa famille.

Soul Kicking, son deuxième long métrage , a été présenté dans la section « Semaine de la critique » du Festival international du film de Cannes en 2006. Son troisième long métrage, Knifer, a a reçu sept prix ( meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario , meilleure photographie , meilleur montage , meilleur Création des décors , Meilleur Son ) à Thessalonique, et il a également reçu l’ Award du meilleur film grec de l’année 2010 . Un film noir, complexe et original.

Angelos Frantzis

Né en Grèce en 1970, il a étudié le cinéma à l’INSAS à Bruxelles et a travaillé sur divers projets d’art et comme critique de cinéma.

Il est connu pour To oneiro tou skylou (A dog’s dream, 2005), l’histoire d’une nuit de folie. Mais surtout Polaroid, (2010). Pendant la coupe du monde de football de 1998, un groupe de jeunes gens décident de s’affranchir de la culture populaire dominante (et dominée par le football) et donc de monter un spectacle. Leurs problèmes personnels rejoignent la fiction.

Il a également signé In the woods en 2010. Plongés en pleine forêt, Immergé dans les bois, bercés par le murmure du vent , trois jeunes, une fille et deux garçons, s’unissent avec la nature et donnent libre cours à leur sexualité. Filmé en utilisant la fonction vidéo d’un appareil photo, sans scénario, avec un grand sens esthétique.

Giorgos Georgopoulos

Né a Athènes en 1975, il a étudié la réalisation à l’Ecole de Cinématographie et de la télévision Lykourgou Stavrakou . Son père travaillait aussi dans le cinéma (directeur de la photographie pour de nombreux films grecs classiques) et l’a fortement influencé. Plus tard, il a étudié les sciences sociales à Rome ( Universita Roma I : "La Sapienza" ) .

À son retour en Grèce , il a travaillé comme monteur et peu de temps après en tant que réalisateur , principalement des publicités télévisées et des films documentaires . Tungsten*, son premier long métrage, voit les rapports de deux jeunes personnages en temps de crise.

Elias Giannakakis

Né en 1968, ce réalisateur, scénariste, producteur de fiction et de films documentaires a tourné plus d’une centaine de documentaires abordant une grande variété de sujets qui ont beaucoup influencé les plus jeunes que lui.
Depuis 2000, il a signé nombre de films pour l’émission Paraskinio.

Mais il a aussi filmé deux courts métrages fantastiques, Dernier acte (1996) et La Patagonie (1999).

Ainsi que deux fictions de long métrage, Alemaya (2004) et Hara (2012), qui évoquent tous deux le thème de la psyché féminine.

Hara (Joy) est un anti-polar décalé qui invite le spectateur à démêler la psyché d’une femme qui kidnappe un bébé d’un hôpital. Une photographie en noir et blanc rigoureuse et concise, sans fioritures de scénario sont ouvertes, donnant au public le choix de ne pas aimer ou sympathiser avec la baby-voleur. Un film à l’élégance sévère.

Nikos Grammatikos

Né en 1963 à Salamine, ce réalisateur et scénariste est connu pour Le roi (2002), Apontes (1996) and Agrypnia (2005). Ce dernier film relate les tribulations d’ un flic en cavale qui vient de tuer sa femme et tente de fuir le pays en sollicitant l’aide d’un prêtre.

Athanasios Karanikolas

Né en 1967 à Thessalonique. Il étudie la photographie à la New School forSocial Research et à la Parsons School of Design (New York), puis part en Allemagne pour se former à la vidéo et aux arts média à l’Art Academy de Dusseldorf et à la réalisation à l’University Konrad Wolf de Potsdam-Babelsberg. Metteur en scène de cinéma mais aussi de théâtre, il enseigne également dans plusieurs universités. Il a réalisé de nombreux documentaires.

En 2007, il réalise son premier long métrage de fiction, Elli Makra, 42277 Wuppertal. Ses deux derniers films, Echolot (2013), une histoire intéressante autour des funérailles d’un ami sucidé, et At Home*, une pure merveille, ont été sélectionnés à la Berlinale.

Michalis Konstantatos

Michalis Konstantatos a étudié la réalisation à Athènes Stavrakos Film School, la sociologie à l’Université d’Athènes et il a complété une maîtrise en architecture dans le domaine de la conception spatiale et de la culture à l’Université d’Athènes.

Depuis 2002, il a réalisé courts films, des séries télévisées, des vidéos musicales, courts métrages expérimentaux, des installations vidéo pour espaces publics et des pièces de théâtre. Il est également le co-fondateur et directeur de la compagnie de théâtre Blindspot. Il a écrit et réalisé deux courts métrages qui ont été attribués à divers festivals de films internationaux.

Luton, son premier long-métrage, raconte l’histoire de trois personnes différentes, Jimmy le jeune lycéen riche, Mary est l’avocate stagiaire et trentenaire, Makis le père de famille mûr propriétaire d’une supérette qui essaient de trouver leur chemin.

Konstantinos Koutsoliotas

Konstantinos Koutsoliotas est surtout connu pour son travail dans les grands studios sur Nine (2009) Guardians of the Galaxy (2014), 300 : Rise of an Empire (2014) .

Mais il a aussi réalisé un long-métrage, L’hiver, qui met en scène un jeune Grec abandonnant une vie de dandy londonien pour revenir dans le village de ses origines, sur les traces d’un père décédé mystérieusement.

Panos H. Koutras

Le plus connu de la nouvelle génération, celui que l’on ne présente plus, et bien qu’il s’en défende, le fédérateur...

Né à Athènes, il se forme à la réalisation à la London International Film School à Londres, puis à la Sorbonne à Paris. De 1975 à 1985, il vit à Paris et à Londres où il réalise quelques courts métrages, dont The Fall and Rise of Lydia Von Burer en 1991, qui participent à divers festivals. Il rentre à Athènes en 1995, et fonde la société de production 100% synthetic Films.

En 1999, il signe le long métrage L’Attaque de la moussaka géante, une vraie révolution sélectionnée au festival de Thessalonique, puis Alithini Zoi (2004), avant de réaliser Strella*. Son dernier film et excelent film, Xenia*, a été sélectionné à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2014.

Yorgos Lanthimos

A nouveau un réalisateur très connu, celui qui avec Canine réussit à donner au cinéma Grec, à travers un article du Guardian, le nom de « cinéma bizarre ».

Yorgos Lanthimos étudie le mise en scène (cinéma/télévision) à Athènes, à l’École Stavrakou. Depuis 1995, il signe la mise en scène de films, de captations de spectacles, de diverses pièces de théâtre, de vidéo danses et d’un grand nombre de spots publicitaires pour la télévision.

En 2004, il fait partie du groupe qui a réalisé les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques d’Athènes. En 2001, il réalise le court métrage Uranisco Disco puis le long métrage Kinetta en 2005, sélectionné dans de nombreux festivals internationaux. Canine a obtenu le Grand Prix Un Certain Regard à Cannes en 2009. Alps, son dernier film, a remporté “l’Orsella du meilleur scénario” au festival de Venise en 2011.

Ektoras Lygizos

Ektoras Lygizos est né à Athènes en 1976. Il a mis en scène des pièces théâtre de Samuel Beckett, Henrik Ibsen, Anton Tcheckov pour n’en citer que quelques uns.

Son court-métrage Pure Youth a été sélectionné en compétition au Festival du film de Venise en 2004.

Boy Eating the Bird’s Food est son premier long métrage et a été sélectionné et primé dans de nombreux festivals à travers le monde. Un jeune homme de vingt-deux ans à Athènes n’a ni argent, ni boulot, ni petite amie, ni de quoi manger… mais, il a un canari et une voix magnifique. Il se retrouve à la rue et doit chercher un abri pour son oiseau. Et lorsque l’oiseau se retrouve enfermé dans l’abri, le jeune doit trouver de l’aide. Un talent à suivre.

Babis Makridis

Né en Grèce en 1970. Formé à la réalisation à la Stavrakos Film School. Après de nombreuses publicités TV, il réalise son premier court métrage, The Last Fakir (2005), récompensé au festival international de court métrage de Psarokokalo à Athènes.

L.* est son premier long métrage (coécrit avec le réalisateur de Canine) et a fait son avant-première mondiale dans le cadre de la compétition internationale du 28ème Festival Sundance avant d’arriver à Rotterdam pour son avant-première européenne.

Kyriaki Malama

Cette réalisatrice et actrice, spécialisée dans le documentaire, est connue pour Vasko Karatza (2001), Synnefiazei (2011) et Gynaikes sto mikro Parisi (2004)

Vardis Marinakis

Né le 20 Décembre 1971 à Athènes, ce réalisateur et scénariste et écrivain, est diplômé de la National Film School de Londres, où il a travaillé avec le réalisateur britannique Stephen Frears . A ce jour il a tourné un long métrage et un certain nombre de publicités à la télévision . Il est connu pour Erotas Kalokairinos ( 2002 ), Defteri fysi (2005) et Black Field ( 2009 )*. Un film déroutant et beau dans la grèce du dix-septième siècle, qui pose des questions religieuses comme des questions d’identité sexuelle.

Ce drame historique est son premier long métrage et il a remporté plusieurs prix internationaux.

Argyris Papadimitropoulos

Ne le 23 juillet 1976 à Athènes, Argyris Papadimitropoulos étudie le cinéma et réalise son premier film court en 2003.

Il tourne par ailleurs des films publicitaires et a créé sa maison de production, "Oxymoron Films".

Il est connu pour Bank Bang (2008), Wasted Youth (2011), et bientôt Suntan (2015).

Wasted Youth raconte l’ Athènes d’ un été de canicule. Un jeune skateur de 16 ans et ses amis passent le temps. Larry Clark a décidément fait beaucoup d’émules...C’est une journée comme les autres. Un homme d’une quarantaine d’années, écrasé par un travail qu’il déteste et menacé d’une dépression nerveuse imminente, lutte pour entretenir sa famille.

À travers ces deux personnages, le film brosse le portrait d’une ville et d’une société en crise, aux rythmes alternés de la torpeur de l’été et de l’énergie de la jeunesse. Le film a été réalisé dans l’urgence avec un budget minimal. Et possède de nombreuses qualités.

Penny Panayotopoulou

Né à Athènes, cette réalisatrice, productrice et scénariste a étudié le droit à l’Université d’Athènes et la réalisation à Stavrakos Film School. En 1985, elle a reçu son BA en photographie et du film de la Polytechnic of Central London (Université de Westminster).
Ses courts-métrages ont remporté de nombreux prix et a participé à des festivals internationaux. Son premier film, Hard Goodbyes : My Father (2002) présenté au 55 e Festival de Locarno, a remporté le Léopard d’or du meilleur acteur et fait une carrière internationale.

Depuis 1994, elle a travaillé de façon indépendante à la production et la réalisation de documentaires et de films pour la télévision nationale grecque. En 2004, elle a pris un poste d’enseignant au département cinéma de l’Université Aristote de Thessalonique.

Onze ans après son dernier long métrage , elle revient avec September qui explore pour la seconde fois les conséquences de la perte subite d’un être proche – même si le lien ici rompu est celui entre une femme et son chien. Elle nous renvoie à l’idée de la perte comme instigateur de changement a, détaillant les défis d’ une nouvelle réalité définie par le vide inévitable que la mort laisse.

Elina Psykou

Née le 8mars 1977 à Athènes, elle a étudié le cinéma à la Lykourgos Stavrakos Film School et la sociologie. Puis elle a intégré l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris.

À 36 ans, la jeune femme, après avoir travaillé pendant des années comme assistante sur des tournages, s’est lancée dans la mise en scène.

Son premier long-métrage, L’éternel retour d’Antonis Paraskévas (2013), a été réalisé quasiment sans budget, avec une équipe bénévole. « Je ne pouvais attendre un hypothétique financement, explique-t-elle. Cela m’aurait fait perdre du temps, et pour pas grand-chose, puisque n’étant pas connue, j’avais peu de chance de décrocher un budget. J’ai décidé de foncer, c’était une nécessité pour moi de faire ce film. »
L’histoire n’est pas sans réminiscences pour les français, c’est celle d’un présentateur de télévision qui met en scène son propre enlèvement. Tourné dans une veine réaliste et drôle, le film propose une vision très critique du monde des médias grecs, et plus généralement, des excès du début des années 2000. Le gigantesque hôtel désert dans lequel se déroule l’action est une image patente du déclin.

Yannis Sakaridis

Né en 1968 à Skydra, une petite ville du nord de la Grèce, Yannis Sakaridis a été pendant vingt années monteur à Londres, en particulier pour la Warner. Il a décidé de revenir en Grèce pour tourner son premier film de fiction, Wild Duck.

Après une faillite, un ingénieur en télécommunications est contraint de fermer son entreprise. Très vite, il se retrouve mêlé à une enquête sur des écoutes téléphoniques avec un ex-collègue. Il est alors pris dans un dilemme : doit-il faire le sale boulot pour régler ses dettes ou doit-il au contraire révéler ce qu’il a découvert, à savoir une antenne de téléphonie cachée dans un appartement, à l’origine du cancer d’une voisine ?

Un cinéma moral, mais pas moraliste.

Yorgos Servetas

Né à Athènes, en 1978. Il a grandi à Thiva. Il étudie l’informatique à l’Université de Patras puis il suit une année de cours à l’école Lykourghos Stavrakos d’Athènes.

En 2008, il réalise The Way Things are Determined, un film bricolé, sans budget qui est sélectionné au festival de Thessalonique. Puis il réalise Standing Aside, Watching* sélectionné au festival de Toronto. Un film brillant et vif, engagé et rebelle, un des meilleurs de tous ceux de cette nouvelle génération. Par un très jeune réalisateur.

Spiros Stathoulopoulos

Né en 1978 à Thessalonique, il étudie en Colombie et en Californie.

Il reçoit son premier prix à l’âge de 14 ans pour son court métrage Dimension et se fait remarquer en 2007 à la Quinzaine des réalisateurs avec son film PVC-1, tourné en un seul plan séquence de 85 minutes.

Meteora est son second film, tourné dans le cadre incroyable de la région des Météores, et comporte une partie en animation, calquée sur l’esthétique des icônes byzantines et orthodoxes.

Athina Rachel Tsangari

Née en 1966 à Athènes. Après des études littéraires à Thessalonique et des études d’arts à New York, elle obtient un diplôme en réalisation à l’université du Texas. Elle a travaillé en tant que réalisatrice pour les Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques d’Athènes en 2004.

Puis, elle fonde la société de production Haos Film qui a notamment coproduit Canine et Alps de Yorgos Lanthimos et Before Midnight de Richard Linklater.

Révélée par son premier long métrage Attenberg en 2010, un des films phares de la nouvelle génération (Coupe Volpi à la Mostra de Venise et prix d’interprétation à Venise pour Ariane Labed). Accordant une grande place à la danse, au théâtre et aux installations, elle réalise en 2012 le court métrage The Capsule. Elle est actuellement en post-production de son prochain long métrage, Chevalier.

Filippos Tsitos

Né en 1966 à Athènes, Filippos Tsitos, parallèlement à ses études de marketing à l’Université, travaille comme photographe, assistant-réalisateur pour des documentaires et producteur d’émissions musicales à la radio.

En 1991, il se forme la réalisation à la German Film and Television Academy à Berlin. Son court métrage Parlez-moi d’amour (1994) remporte le Prix d’or au German Short Film Award. Son premier long métrage My Sweet Home (2001) est sélectionné à la Berlinale. Il réalise également de spots publicitaires et des séries télévisées policières pour une chaîne allemande.

Son deuxième film, L’Académie de Platon* est sélectionné au Cinemed en 2009. Unfair World* est son dernier film.

Un film tout en subtilité et en simplicité, qui confirme son surnom mérité de « Kaurusmaki grec »

Sylla Tzoumerkas

Né à Thessalonique, il a étudié le théâtre et la direction à la Film School Stavrakos de l’Université d’Athènes, à Utrecht et à New York. Il a d’abord fait forte impression avec le court-métrage Les yeux dévorants, qui a participé au concours dans la section Cinéfondation du Festival de Cannes 2001.

Après avoir collaboré à des émissions de télévision documentaire il réalise son premier long métrage acclamé Homeland, la saga amère d’une famille et d’un pays en chute libre. Homeland a eu sa première mondiale à la Semaine de la Critique 2010 de Venise.

Trois générations d’une famille (la génération des années cinquante, celle des années soixante-dix, qui a grandi pendant le rétablissement de la démocratie et la génération d’aujourd’hui) se disputent par rapport à une adoption qu’elles ont décidé de faire, il y a 20 ans.

Son second film A Blast (Un souffle, 2014), , montre une Grèce entraînée dans un cercle vicieux où la peur engendre la peur, la violence d la violence. L’héroïne découvre, à l’approche de la trentaine, que se marier à un marin et en avoir trois enfants n’est pas forcément le comble du bonheur. Un film avec des accents prononcés de Ken Loach.

Son dernier projet de film, Salut, oh la mer des Sargasses a été présenté aux études de script de la Berlinale de cette année.

Constantina Voulgaris

Née à Athènes en 1979, Constantina Voulgaris a étudié le cinéma à la Stavrakou Film School. Elle est également diplômée en scénario de National Film Television School de Londres. Elle a travaillé comme assistant réalisateur pendant deux ans.

En 1999 elle écrit et réalise son court métrage, Youpi. En 2007, elle réalise son premier long métrage Valse sentimentale puis en 2012 A.C.A.B. - All Cats Are Brilliant *. Elle vient de terminer le documentaire Only Dead Fish Go with the Stream.

Une représentante de la nouvelle vague grècque à l’écriture subtile et à l’engagement fort.

Yannis Youlountas

Né le 21 septembre 1970 à Martigues, ce philosophe, poète, écrivain et réalisateur franco-grec est à la base formateur et intervenant auprès de publics frappés d’exclusion sociale (classes relais, détenus, migrants, sdf, handicapés), créateur de dispositifs d’éducation à l’image et de philosophie pour les enfants, il est également chroniqueur dans Siné Mensuel, Le Monde libertaire et Les Zindigné(e)s.

Il a réalisé un film d’urgence, Ne vivons plus comme des esclaves (2013, visible sur le net et diffusable sans limitation), qui donne la parole à ceux que l’on oublie toujours, les victimes de la crise, mais aussi ceux qui oeuvrent pour que les choses changent à la base.

Giorgos Zois

Yorgos Zois est né en 1982 et réside à Athènes. Il a étudié les mathématiques et la physique appliquée dans NTUA et la direction du film dans Stavrakou Film School, Athènes et dans UdK, Berlin, où il a reçu une bourse de la Goulandris Foundation. Il fait la liaison avec la génération précédente, puisqu’il a travaillé comme assistant de Theo Angelopoulos.

Réalisateur et producteur, il est connu pour Casus belli (2010), Hors cadre (2012) et Washingtonia (2014). Casus Belli est son court métrage de fin d’études. La première du film eut lieu à la section compétition officielle des courts métrages à la 67ème Mostra de Venise. Et le film a été projeté dans les salles grecques avant les films Attenberg, Wasted Youth et Apo ta Kokkala vgalmeni.

Il est maintenant dans la pré-production de son premier long métrage intitulé Stage Fright, qui a obtenu l’aide du CNC.


* les films soulignés par l’* ont une critique sur ce blog

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