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Subida Al Cielo (La montée au ciel)

De Luis Bunuel, Mexique, 1952. 1h35

jeudi 20 août 2015, par filparp

Dans sa grande période mexicaine, qui commence avec Los Olvidados, tourné en 1950 et Palme d’or à Cannes en 1951, Luis Bunuel enchaîne les tournages. Susana la perverse (Susana, demonio y carne), Don Quintin l’amer (La Hija Del Engaño) 2e adaptation par Buñuel de la pièce de Carlos Arniches, Une femme sans amour (Una Mujer Sin Amor / Cuando los hijos nos juzgan) précèdent en effet La Montée au ciel (Subida Al Cielo), tourné en 1951 et sorti en France en 1952.

Pour n’être pas très connue, La montée au ciel mérite pourtant que l’on y attarde, et le festival de Locarno avait mille raisons de l’inclure dans sa programmation.

Le soir de ses noces, un jeune paysan se prépare à sacrifier avec gourmandise à la coutume locale, une nuit d’amour sur une île déserte qui scelle le consentement des époux, après accord parental. La barque fleurie, l’ambiance hédoniste, la place de la coutume font penser quelques instants au Tabou de Murnau.

Las, sa mère mourante lui enjoint de partir pour la ville pour régler une question d’héritage. Dans le car, une jeune fille a entrepris de le séduire malgré sa résistance, et y parviendra avant la fin du voyage. Après avoir garanti l’avenir de son jeune frère, il reviendra auprès de sa promise.

Ce périple constitue un road movie avant l’heure , où chaque personnage a son importance, où chaque étape symbolise un moment de vie ou de mort. Mais dans une constante gaité pleine de cette ironie propre à Bunuel, et avec ce caractère picaresque propre aux pays de langue espagnole.

Le film est aussi un surprenant hommage aux mères, que l’on veille, qui enfantent (dans le bus) et qui seules sont porteuses de la vie. Le chauffeur arrête l’histoire et son bus pour célébrer l’anniversaire de la sienne avec une liberté sans contraintes.

Enfin, cette œuvre d’apparence mineure est cependant adorée de tous les bunueliens, annonce les chefs d’oeuvre de la fin de la vie du grand-maître espagnol, comme dans cette scène où notre héros, s’assoupissant dans le bus, rêve de la fille libérée qui s’attache à le conquérir. Le cinéaste s’engage alors de plein pied dans le fantasme, le bus devient forêt tropicale et la sensualité parle à pellicule ouverte. Dans un passage de la réalité à l’inconscient qui sera caractéristique de son style à son aboutissement.

Une très belle redécouverte que ni la bande son un peu crachotante ni les effets spéciaux dépassés (mais désormais amusants) n’ont réussi à altérer.

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