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Je suis né d’une cigogne

De Tony Gatlif, France, 1998. 1h20.

samedi 7 novembre 2015, par filparp

Tony Gatlif recompose le couple de Gadjo Dilo, Romain Duris et Rona Hartner pour un film comme l’on n’en fait plus, un film post soixante-huitard comprenant adresses au spectateur, dialogues des personnages avec le narrateur, voire éviction d’un personnage du film pour paroles anti-cinéphiles.

Ce jeu avec la structure même du récit, hommage assumé à Godard, a le grand avantage d’inviter le spectateur au banquet des images d’une odyssée certes un peu foutraque, mais diablement attachante. Fidèle aux principes révolutionnaires que le film arbore à travers la littérature du genre, le film s’attache, à travers la métaphore d’une cigogne voyageuse qui accompagne nos héros dans leur odyssée, a traiter des migrants, des frontière et de la libre circulation des personnes.

Réflexion intime, le film s’amuse à mélanger les ingrédients dans le grand faitout de sa narration, ose tout, vire au happening cinématographique, revient au sol par une pirouette d’image, s’incarne en de belles révoltes, repart sur les chevaux bleus de la poésie, ne connaît jamais de pause à l’image de personnages saisis par la nécessité impérieuse du mouvement.

Il est des passages très drôles, comme celui du critique estampillant les films à coups de tampons multiples (« franchouillard », « snob »..., puis « dieu » pour Godard), de multiples trouvailles burlesques, des moments de grâce, et quelques instants plus ordinaires.

Mais le film est surtout traversé par la sincérité évidente de Gatlif, un souffle épique, une énergie vitale qui font plaisir à voir, et que le cinéma de ces dernières années peine beaucoup à incarner.

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