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Le Vieux du Restelo

De Manoel de Oliveira, Portugal, 2014. 19mn.

samedi 7 novembre 2015, par filparp

Court poème d’hommage posthume en forme de critique du dernier film d’un géant du cinéma...

Monsieur Manoel de Oliveira,
Le film qu’en votre cent-cinquième année
Toujours espiègle vous avez tourné,
Hélas comme votre dernier restera.

On y trouve Luís Vaz de Camões,
Poète de l’histoire du Portugal,
Dont les Luisades, épopée sans égale,
Exaltent l’aventurier sans faiblesse.

Mais aussi l’évidence de Cervantès,
Son chevalier à la triste figure,
Premier moderne de la littérature,
Tant adulé par Jose Luis Borges.

Et encore Teixeira de Pascoaes,
Bel auteur de l’Art d’être Portugais,
De belles gravures de livres en liesse,
Des pensées aiguisées comme sagaies.

Camilo Castelo Branco, enfin,
Le père des Mystères de Lisbonne,
Que Raoul Ruiz adapta sur sa fin,
Et d’Amour de perdition, vie de nonne.

Quand notre époque exigerait l’épique,
Quand les temps cherchent les voies de l’éthique,
Le vieux du Restelo lui les convoque,
En quelques plans et sans nulle équivoque.

Faut-il avoir foi dans le cinéma
Pour, sur un banc du XXIème siècle,
Réunir en folie, comme par miracle,
De la pensée un tel panorama,

Pour se jouer libre des anachronismes,
Tant utiliser sa propre mémoire,
Savoir éviter les manichéismes,
Et délivrer une plongée dans l’histoire.

Pour tous ceux qui errent sur notre terre
En quête de l’inaccessible étoile,
Un grain de folie dans les artères,
Vous avez impressionné sur la toile

La nécessité du chevaleresque,
La trame du passé et du présent,
L’élan poétique du picaresque,
L’éternelle jeunesse de vos ans.

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