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La puerta abierta

Espagne - 2016 - 1 h 24 mn - Réalisation : Marina Seresesky Interprétation : Carmen Machi, Terele Pávez, Asier Etxeandía, Lucía Balas

mardi 1er novembre 2016, par filparp

Elles se prostituent dans un quartier populaire, une banlieue espagnole défavorisée, au milieu de nulle part. Rosa fait le trottoir comme le faisait Antonia, sa mère, qui se prend pour Sara Montiel et rend par sa tyrannie encore plus difficile le quotidien de Rosa. Ce cercle familial restreint se complète d’un travesti attentionné, et notre trio vit vaille que vaille dans un immeuble où habitent des hommes mariés qui sont aussi des clients, et une commère indicatrice de police. Dans ce microcosme d’où le bonheur semble exclu, l’arrivée pour le moins inattendue d’un nouveau membre va offrir l’occasion d’un accès au bonheur.

Univers proche de celui de l’Almodovar des débuts, justesse du trait social, empathie sans concession pour ses personnages, la force de ce premier film de Marina Seresky est de faire rire autant qu’il émeut. De faire rire sans donner dans la caricature des caractères du film, mais au contraire en nous faisant les accompagner dans leurs moments de bonheur. De nous émouvoir sans donner dans le mélodrame où dans la mièvrerie.

La violence faite à ces femmes marginales et à cet homme féminisé est extrême, tant de la part de la société que du fait de leur environnement proche, et il faut un élément perturbateur de l’ordre trop bien établi pour que des bouleversements interviennent.

Relations intergénérationnelles, solitude humaine, machisme ambiant, crise économique, tout est traité avec justesse et par des détails d’existence, habilement insérés dans la trame du récit. Un récit qui connaît d’intéressants rebondissements que nous nous garderons de dévoiler ici.

Les acteurs sont bluffants de vérité, et les plans serrés, le rythme soutenu confèrent au film une réelle dynamique qui ne se dément à aucun moment. Un film espagnol que l’on pourrait rattacher à la comédie italienne par sa capacité à allier le faire-rire au réalisme social, une vraie réussite.

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