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La Grande Bourgeoise

Fatti di gente perbene - Mauro Bolognini - FictionItalie/France - 1974 - 2 h - Réalisation : Mauro Bolognini - Interprétation : Catherine Deneuve, Giancarlo Giannini, Fernando Rey, Tina Aumont

mardi 1er novembre 2016, par filparp

Bolognini porte à l’écran une affaire judiciaire qui a secoué toute l’Italie à la fin du XIXème siècle. À Bologne, le comte Bonmartini et Linda Murri se remettent en couple après trois ans de séparation pour le bien de leurs enfants mais la jeune femme conserve une profonde haine pour son époux. Elle confie à son frère, l’avocat Tullio, son infortune, et celui-ci n’hésite pas à tuer le comte par amour fraternel, ruinant ainsi une carrière politique juste ébauchée.

Le jeune homme finit par avouer son crime, mais le procès va bien au-delà du simple fait divers, surtout du fait de la notoriété du père de Tullio, un médecin titulaire d’une chaire à l’académie de médecine, libre penseur et socialiste, tenant d’une morale laïque, ce qui décuple la haine des bien-pensants catholiques de l’époque.

Bolognini fait ici montre de toutes ses qualités de cinéaste esthète. L’image, splendide, est très proche de celle du Jardin des Finzi-Contini de Vittorio De Sica. Et pour cause, elle est signée d’Ennio Garnieri, un des plus grands chefs opérateurs italiens, qui collabora aussi à La dolce vita de fellini et au Médée de Pier Paolo Pasolini.

Malgré le sujet sombre, tout n’est dans La grande bourgeoise que raffinement, des lumières aux cadres, et la beauté des tons pastels contraste avec les tenues de deuil, cependant que Catherine Deneuve, dont c’est un des meilleurs rôles, enchante de fausse candeur et d’innocence pourtant perdue. Alors que Fernando Rey incarne avec une véracité impeccable le rôle du père.

Si la lumière sociale projetée sur ses films est parfois plus crue, comme dans Le bel Antonio, Metello ou La corruption par exemple, les demi-teintes employées ici pour décrire la bonne société italienne n’empêchent nullement une férocité sous-jacente, et ne voir dans La grande bourgeoise qu’un mélo en costume serait oublier une grande part de la profondeur historique de ce film subtil et magnifique.

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