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Wajib

D’ Annemarie Jacir. Palestine/France/Allemagne/Colombie/Norvège/Qatar/Émirats Arabes Unis - 2017 - 96 mn

dimanche 5 novembre 2017, par filparp

Shadi, architecte à Rome, rentre au pays pour le mariage de sa sœur. Il a adopté le mode de vie romain, vit maritalement. Il retrouve la vieille Volvo familiale, les difficultés au quotidien, les compromissions qu’imposent à Nazareth le poids de l’histoire et les tensions entre communautés.

Mais il retrouve surtout son père, Abu Shadi, 65 ans, divorcé, professeur à Nazareth,qu’il aide à distribuer les invitations au mariage, de la main à la main, comme le veut la coutume palestinienne du Wajib. Au fil des retrouvailles avec les amis et les proches, ressurgissent les tensions entre le père et le fils.

Le premier questionnement du film, c’est bien sûr la divergence de regard entre le père et son fils, qui sont en désaccord sur à peu près tout, du moins en apparence. L’exilé est le plus radical, mais le plus âgé lui rappelle toutes les compromissions qu’il a du accepter pour pouvoir l’accepter. Le plus âgé ne comprend pas la vie hors du mariage, mais le fils lui remet en mémoire la rupture avec sa mère, qui est la grande absente du film comme du mariage.

Les films du retour d’exil (fut-il temporaire) sont le miroir des films sur la migration, et donc particulièrement intéressant pour croiser les regards. Si le scénario du film, n’est pas d’une grande originalité, le thème a déjà été traité à maintes reprises, le regard d’Annemarie Jacir est lucide, pénétrant, sensible.

La réalisatrice du « sel de cette mer », et de « Quand je t’ai vu » structure le film à la façon d’un road movie urbain, passant en revue des personnages que l’on ne reverra pas. Comme toujours dans ce cas là, les rencontres ne se valent pas toutes. Celle avec le cousin Fadya, un avocat qui est le visage moderne du refus de l’émigration, est un des points culminants du film. Comme la résolution finale des tensions entre le père et le fils, très réussie car sans pathos s’invitant à l’écran.

Film au regard très pertinent, « Wajib », s’il ne révolutionne pas les codes du cinéma, est une fiction utile et belle, qui se met au service de la compréhension des territoires palestiniens d’aujourd’hui.

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