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Le Rebelle de King Vidor - Les arêtes vives

De Luc Moullet , 110 pages, 12,50 Euros (Yellow now)

samedi 28 mars 2009, par filparp

Il faut qu’un film soit un objet culte, comme il est devenu courant de le dire, pour qu’un ouvrage entier lui soit consacré. C’est le cas pour Le Rebelle, de King Vidor, avec l’ouvrage que lui a consacré Luc moullet

Luc Moullet, né en 1937, a été critique de cinéma, notamment aux Cahiers du cinéma (depuis 1956). II a écrit sur le travail des grands comédiens un livre particulièrement intéressant, la Politique des acteurs (1993). Il est aussi producteur, scénariste, acteur, et a réalisé, de 1960 à 2008, de trente-huit films, de tous métrages, dont Genèse d’un repas (1978), film culte sur la mondialisation, et la Comédie du travail (1987, Prix Jean Vigo).

C’est à lui que l’on doit la phrase célèbre : " La morale est affaire de travellings. "
Franc-tireur du cinéma, Luc Moullet, a donné à la cinémathèque française, lors de la récente intégrale King Vidor un “anti-cours de cinéma” intitulé “Vidor, la transe et le ronron”.

Nul surprise puisqu’il n’a cessé de s’intéresser ni à Gary Cooper, ni à King Vidor.

Et le rebelle Luc moullet est bien entendu intéressé par un homme qui dynamite ses propres HLM parce que ses commanditaires ont défiguré son projet. Son analyse est qu’il s’agit en fait d’une évocation du métier de cinéaste , et de la propre volonté qu’aurait eu King Vidor de faire disparaître certains de ses films sur lesquels il n’aurait pas eu le « final cut ». Pour lui, « Le rebelle »est un film fondateur et novateur.

«  Le Rebelle (1948) de King Vidor est pour beaucoup de cinéastes le film de chevet. L’architecte qui dynamite des HLM conçues par lui, parce que les commanditaires ont défiguré son projet, évoque évidemment le cas de tous ces cinéastes qui n’ont pu bénéficier du fameux final cut.

Le dynamitage du Rebelle a profité d’un nouveau regain d’actualité avec les implosions récentes de HLM en banlieues. Ou : Gary Cooper à La Courneuve...

C’est un film malin, savant, glacé, hyperpro, mais aussi un film abrupt, brutal, cinglant, condensé, convulsif, déchiqueté, déjanté, délirant, discrépant, érotique, étourdissant, fascinant, frénétique, grossier, haché, hystérique, mal poli, romantique, surréel, torride, trépidant. Un objet barbare, un météorite.

S’il ne fallait conserver de toute la production hollywoodienne qu’un seul film, ce serait celui-ci. Je l’ai vu une bonne douzaine de fois, et j’ai peur de le regarder à nouveau, tant il m’émeut. En évoquant le comment, je dirai pourquoi le Rebelle demeure l’une des plus sublimes créations du génie humain. »

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