Accueil > Les thématiques > Petit dictionnaire lafonophile à l’usage des vrais spectateurs de (...)

Petit dictionnaire lafonophile à l’usage des vrais spectateurs de cinéma

dimanche 13 octobre 2013, par filparp

A comme Avatar : Dans L’Avatar botanique de Mademoiselle Flora, une jeune femme, qui s’ennuie auprès de son compagnon, un soldat, se met à parler avec ses végétaux. Un court métrage de Jeanne Barbillon. Plaisanterie facile de rigueur : un seul hêtre vous manque et tout est peupliers.

B comme Bernadette : un cinglant démenti à la théorie des prénoms, qui veut que ceux-ci exercent une influence prépondérante sur notre existence. Que ceux-là viennent m ’expliquer le rapport entre notre Bernadette, Madame Chirac, et Mademoiselle Soubirous.

C comme César : Un César pour un second rôle dans L’Effrontée en 1986, c’est trop peu. Vraiment trop peu.

D comme Dick : Dick Clement. Qui réunit dans un même film d’espionnage Kirk Douglas , Marlène Jobert , Trevor Howard, Bernard Blier , et notre Bernadette.

E comme Eve : Eve Ensler qui a recueilli les témoignages de plus de deux cents femmes confiant leurs sensations, leurs traumatismes, leurs aspirations, leurs angoisses, leurs joies, le tout à travers l’évocation de leur vagin. Ces Monologues du vagin furent un hommage à la femme au texte tantôt léger, drôle, mélancolique, mais jamais vulgaire. Princesse Erika, Armande Altaï, Jeanne Cherhal, Bernadette Lafont, Micheline Dax ou encore Caroline Lœb, entre autres, ont interprété cette pièce.

F comme Fiancée : celle du Pirate, bien sûr. Un film iconoclaste et gai, de ceux que l’on prend toujours un immense plaisir à revoir, même longtemps après. Merci Bernadette

G comme Gwendoline : Gwendoline de Just Jaeckin. Gwendoline, après s’être échappée du couvent, part à la recherche de son père, chasseur de papillons, dans la terrible contrée du Yek Yeik. Là, une Reine puissante et sanguinaire dirige la Cité Interdite, entièrement peuplée de femmes. Et la reine c’est qui ? Bernadette, évidemment !

H comme Histoire : L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise, de Nina Companeez . Les débuts de Francis Huster dans une comédie d’initiation sexuelle. Il en avait bien besoin...

I comme Iconoclaste : rebelle et légère, désirable et belle, ardente et passionnée, vive et rebelle, les mots ne manquent point pour décrire Bernadette. Mais, derrière cet air effronté, c’est iconoclaste qu’il me plait le plus de citer.

J comme Jeunes : Jeunes mariés (Giovanni mariti) de Mauro Bolognini . Le quatrième rôle de Bernadette. Sur un scénario coréalisé avec Pier Paolo Pasolini, s’il vous plait, prix du scénario original à Cannes.

K comme Kalfon : Jean-Pierre Kalfon : partenaire de notre Bernadette entre autres au théâtre dans La bande à part.
"- Il y en a qui ont de la chance de jouer avec des acteurs pareils !
- Oui mais qui ? Lui ou elle ?
- Ben...les deux"

L comme Lamiel : Lamiel de Jean Aurel avec rien moins que Jean-Claude Brialy , Anna Karina , Michel Bouquet , Claude Dauphin , Robert Hossein... et notre Bernadette. Un médecin de campagne pervers transforme une paysanne en femme galante.

M comme Miles : Davis. Vous vous rendez compte ? Bernadette a joué avec Miles Davis. C’est Dingo, non ? Ah oui, j’oubliais de vous dire, Dingo, c’est le nom du film.

N comme Nimes : La ville natale de Bernadette. Ce qui lui fait un point commun avec Franck Pavloff, auteur de Matin Brun, Marcel Pagnol, auteur de nombreuses pagnolades, et Christian Liger, qui a écrit de la ville qu’elle est « Posée au carrefour de l’Histoire et des relations humaines ». Formule à la noix qui a l’avantage de pouvoir être utilisée pour n’importe quelle autre cité.

O comme Ortega : Pascal Ortega. Un type que je tiens a saluer ici parce qu’il a réalisé , avec Bernadette comme actrice, un film que je n’ai pas vu (Le Concorde n’est rouvert que depuis un an...) malgré mon désir. Le film, Cherokee, est l’adaptation d’un roman de Jean Echenoz que j’ai adoré, Prix medicis 83. Rien que pour avoir eu le culot de tenter d’adapter ça, de toute façon, bravo.

P comme Putain : dans La Maman et la Putain de Jean Eustache, le dernier film de la nouvelle vague. Derrière des paroles théâtralisées est mis en scène le tourment amoureux. Dans une éducation sentimentale et humaine très proche de celle de Proust dans "La Recherche du temps perdu",située dans l’immédiat après mai 68, Eustache rappelle que la vérité ne s’apprend pas par la philosophie ou l’analyse mais s’impose à nous par les signes que nous percevons dans la douleur de la passion amoureuse ou dans la suggestion de l’art. Le mot d’ordre n’est pas un remède au désordre des sentiments. Un film consacré à l’importance du temps perdu mais ou l’on ne perd pas son temps. Jean Pierre Leaud et Bernadette y sont tout simplement magnifiques. Une petite citation ? Elle était belle comme le jour, mais j’aimais les femmes belles comme la nuit. On aurait aussi pu prendre P comme personne :Personne ne m’aime. Fiction, Bernadette, fiction. Un film de Marion Vernoux, sorti en 1994. Une nuit, à la suite d’une dispute avec son amant, Annie, la quarantaine, se retrouve à la rue. Elle débarque chez sa sœur, Françoise, mariée et mère de famille, qui est persuadée d’avoir retrouvé une seconde jeunesse depuis le départ de ses enfants. Avec Bulle Ogier et Lio, on en a de la chance.

Q comme Quatre : Quatre souris pour un hold-up de Richard Balducci. Scénariste de Jean Girault pour la série des gendarmes, Richard Balducci a surtout fait des comédies à grosses ficelles. Mais il est plaisant de
revoir le couple Jane Birkin - Serge Gainsbourg, notre Bernadette, Daniel Ceccaldi , Henri Virlojeux.
Serge Gainsbourg qui a composé la musique d’une coproduction franco-hispano-italienne qui semble faite à la va-vite. On espère, Bernadette que le tournage au moins fut amusant...

R comme Rainbow : Rainbow pour Rimbaud, de Jean Teulé . Rainbow for Rimbaud ! Et pourquoi pas la Martine pour Lamartine, ou Vers l’Aisne pour Verlaine ? Enfin bon.

S comme Ségolène : Le rôle de Bernadette Lafont dans Canicule d’Yves Boisset en 1984. Une nouvelle confirmation de ce qu’il faut penser de la théorie des prénoms. Voir plus haut B comme Bernadette.

T comme Truffaut : François, bien sûr, par qui tous ceux qui aimèrent la nouvelle vague se devaient de passer. En 1972 Une belle fille comme moi , suite et réponse aux Deux anglaises. Et pour Bernadette le rôle de Camille. « Fout le camp qu’elle m’a dit la fatalité ; fout le camp et tire- toi le cul vite fait »...

U comme U : U de Serge Elissade d’après l’album de Solotareff. Ah !entendre la voix de Bernadette derrière le personnage de Mama, la "mère" des Wéwés, dont les riches appâts attirent Monseigneur, que d’érotisme dessiné,
aiguisé par la musique de Sansévérino !

V comme Vlady : Marina Vlady. En 1955, Bernadette
assiste, émerveillée, au tournage des Salauds vont en enfer avec son idole Marina Vlady.

W comme Waiting ; Waiting for the moon. Réalisé par Jill Godmilow en 1987. Une évocation de l’histoire d’amour qui unit l’écrivain Gertrude Stein à Alice B. Toklas. Ce qu’il y a de bien avec une actrice à la filmographie aussi abondante que celle de Bernadette, c’est que l’on n’a même pas de mal à trouver quelque chose pour le W.

X comme film X : l’étiquette que dame censure, qui déteste la sensualité et l’intelligence, aurait bien voulu coller à certains des films de Bernadette pour les discréditer. Dans sa bêtise XXL.

Y comme Yvoire : Un jour dans la vie du cinéma Français est un documentaire de Jean Thomas Ceccaldi et Christophe d’Yvoire, fort intéressant, qui passa à la télévision en 2002. Son score n’atteint pas celui de n’importe quelle série américaine nullissime, ce qui prouve que nos civilisations occidentales ont encore moult progrès à accomplir.

Z comme Zeugma : il ne faut jamais rater l’occasion de tenter un Zeugma. Essayons donc le zeugma lafonicole : elle m’a prié de faire mes valises et à Lourdes dans un film de Mocky. Et pourquoi pas le double Zeugma lafonifère : sans Bernadette j’ai traversé tout Cannes et une dépression, pleurant des larmes et mon triste sort. J’aurais pu aussi terminer par Zig-Zig de Laszlo Szabo , dont Catherine Deneuve fut actrice et co-productrice. Mais Bernadette est tellement pudique...

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.